Trois questions José Happart

P.P.

Continuez-vous à préférer, «à tout prendre, un Roi à un Président flamand»?

Bien sûr. Par fonction, le Roi est neutre, il veut garder l'église en milieu du village. N'ayant que très peu de pouvoir, il peut, tant bien que mal, maintenir la formulation institutionnelle du pays. Tant qu'on n'a pas créé d'Etat européen, qui sera nécessaire pour nos enfants, le Roi est utile à la conception de la gestion de l'Etat-Belgique.

Les régions et communautés, elles, sont plutôt des Républiques...

Leur autonomie est plus large. Mais les ministres-présidents continuent à prêter serment chez le Roi. C'est formaliste, mais constitutionnel aussi: les entités fédérées font bien partie de l'Etat fédéral. Même s'il devient dans les faits de plus en plus confédéral: étymologiquement, «confédéral», comme concubin ou cohabitant, renvoie tout de même à la notion de «vivre ensemble»... La famille royale n'a pas de problème avec la Région wallonne. Voilà 50 ans, les royalistes étaient plutôt au Nord. Aujourd'hui, aux velléités d'indépendance en Flandre, répond en Wallonie un souhait d'autonomie mais à l'intérieur d'une poche institutionnelle belge.

Ne surestime-t-on pas parfois la place de la monarchie dans le maintien d'une certaine Belgique?

Oui, ça fait partie d'un concept qui rassure. Aujourd'hui, les Belges ont besoin d'être rassurés. Le Roi n'est pas seulement nécessaire pour la cohésion, les princesses font toujours rêver... Personnellement, j'ai d'excellents rapports avec la famille royale. Pas de problème, pas d'état d'âme.

© La Libre Belgique 2003