Verdict mardi pour les 23 islamistes

Le tribunal correctionnel de Bruxelles rendra mardi matin son jugement dans le cadre du procès de 23 islamistes, poursuivis pour une tentative d'attentat contre la base militaire de Kleine Brogel ou pour avoir mis sur pied une filière d'envois de volontaires au Jihad en Afghanistan, dont auraient bénéficié les auteurs de l'assassinat du commandant Massoud.

Verdict mardi pour les 23 islamistes
©bauweraerts

Le tribunal correctionnel de Bruxelles rendra mardi matin son jugement dans le cadre du procès de 23 islamistes, poursuivis pour une tentative d'attentat contre la base militaire de Kleine Brogel ou pour avoir mis sur pied une filière d'envois de volontaires au Jihad en Afghanistan, dont auraient bénéficié les auteurs de l'assassinat du commandant Massoud.

Des peines comprises entre 18 mois et 10 ans ont été requises contre les 23 prévenus, dont six font défaut. Les peines les plus lourdes visent Nizar Trabelsi, ancien footballeur professionnel tunisien et Tarek Maaroufi, poursuivi dans le cadre des deux dossiers. Ce Belge d'origine tunisienne, déjà condamné à trois ans de prison avec sursis en 1995 dans le cadre d'une filière de soutien au GIA algérien, est considéré par le ministère public comme "une plaque tournante" de l'islamisme radical en Belgique et en Europe.

Nizar Trabelsi, arrêté le 13 septembre 2001 dans un appartement à Uccle, est un des seuls à avoir passé des aveux, revendiquant avoir préparé un attentat contre la base américano-belge de Kleine-Brogel.

Au cours des débats, il a expliqué qu'il s'était rendu en 2001 en Afghanistan pour y faire de l'humanitaire. Fortement marqué par le sort fait aux musulmans dans le monde, il dit y avoir rencontré Oussama Ben Laden, en qui il voit une sorte de père, et avoir décidé de se mettre à disposition de la cause terroriste.

Son projet était de faire exploser, avec une camionnette chargée d'une bombe, la cantine de la base de Kleine-Brogel. Il a tenté de disculper les personnes qui se retrouvent avec lui sur le banc des prévenus et qui, selon le ministère public, lui auraient fourni une aide, notamment en achetant des produits devant servir à la confection de la bombe. Il a nié qu'il visait une cible américaine à Paris.

Pour la défense de Nizar Trabelsi, qui dit s'être amendé, il n'y a pas eu de début d'exécution. Dans le dossier Massoud, le ministère public estime que chacun des prévenus avait sa place. Il y avait des références idéologiques, des fournisseurs de passeports, des falsificateurs, des courriers, des petites mains et des candidats au départ en Afghanistan.

Cette filière a notamment bénéficié aux deux hommes qui ont commis un attentat-suicide, le 9 septembre 2001 en Afghanistan, contre le commandat Ahmed Shah Massoud, chef de l'Alliance du Nord.

De leur côté, les 23 prévenus ont présenté une toute autre vérité. Certains ont expliqué que leurs nombreux contacts ne s'inscrivaient pas dans ces filières terroristes mais dans une solidarité entre musulmans. D'autres ont invoqué leur droit à la différence, expliquant que leurs professions de foi pour un islam radical n'étaient pas en soi punissables. D'autres ont souligné que leurs séjours en Afghanistan n'étaient qu'un choix de vie, pour y vivre leur islam et non pour y participer à des entreprises terroristes.