Le nom du témoin? Silence!

R.P. (avec Belga)

Les enquêteurs Latour et Gosselin l'ont assuré à la cour d'assises, qui poursuit à Liège le procès des accusés de l'affaire Cools: le témoin anonyme n'est pas l'un des accusés. Me Julien Pierre (qui défend Richard Taxquet), posait la question avec insistance, visant particulièrement Mimo Castellino - qui, s'il est en fuite, est néanmoins bel et bien jugé - ou l'un de ses proches.

«Le témoin anonyme n'a pas participé aux faits. Il tient ses informations d'un auteur ou de quelqu'un qui en est, ou en était, proche», se sont bornés à expliquer les policiers (lire ci-dessus).

Des listings bien utiles

Ils ont par ailleurs retracé, de façon claire et précise, l'arrivée dudit témoin dans l'affaire. Ils reçoivent ses confidences le 24 juin 1996. Elles ne seront pourtant transcrites sur procès-verbal que le 3 septembre 1996. C'est que «nous étions fort méfiants», avouent les enquêteurs de la cellule Cools car, «pendant 5 ans, nous avons reçu de tout, jusqu'à des gens se présentant comme les assassins. Il fallait donc tout vérifier».

Ce qui fut fait avec succès, notamment grâce à des listings de communications téléphoniques. A ce sujet, il faudra un jour que la cour s'interroge car, s'il fut le plus souvent dit aux audiences que le relevé a posteriori de ces communications ne pouvait à l'époque excéder 6 mois de temps, il apparaît d'autres fois qu'on pouvait consulter des listings encore à plusieurs années d'intervalle. Question de technique, sans doute?

Bref, la cour s'est encore penchée sur différents courriers anonymes menaçants, en entendant l'expert Joseph Lizin qui est formel pour dire que plusieurs courriers, adressés à des personnalités socialistes, doivent être attribués à la plume d'Alain Van der Biest - qui le niait, de son vivant.

Retour aussi, vendredi, à la «fête» organisée le 18 juillet 1991 au cabinet Van der Biest, dans l'après-midi.

«S'il s'agissait de fêter un anniversaire, était-ce bien le moment?», s'interroge le témoin, qui affirme en faisant bondir Me Pierre que Richard Taxquet était bel et bien présent. L'avocat a déjà affirmé que ce n'était pas le cas.

Reste que la mauvaise atmosphère ayant habité l'enquête a, à nouveau, été mise en lumière. Si le juge d'instruction Véronique Ancia avait refusé d'entrer dans la polémique, jeudi, mais s'était plainte du retard, voire de l'absence, de transmission de données en provenant de Neufchâteau, le chef d'enquête chestrolais a pour sa part laissé entendre, vendredi, que tout tournait autour du crédit qu'on n'accordait pas, à Liège, à la piste des «titres volés».

© La Libre Belgique 2003