198.000 euros pour l'informateur anonyme

Alors que la juge Ancia et les enquêteurs avaient refusé de dévoiler le montant de la "prime" versée à l'informateur anonyme, Jean-Louis Prignon a déclaré que ce dernier avait touché une somme de 8 millions de FB (198.314 euros). "Il avait demandé 10 millions (247.893 euros).

Belga

La cour d'assises de Liège a entendu ce mardi matin le juge d'instruction liégeois Jean-Louis Prignon, qui avait secondé la juge Ancia dans le dossier Cools. Une nouvelle fois, c'est l'informateur anonyme, qui a confié ses révélations au juge Prignon, qui a retenu l'attention des différentes parties.

Alors que la juge Ancia et les enquêteurs avaient refusé de dévoiler le montant de la "prime" versée à l'informateur, Jean-Louis Prignon a déclaré que ce dernier avait touché une somme de 8 millions de FB (198.314 euros). "Il avait demandé 10 millions (247.893 euros).

Il avait expliqué que Delhaize proposait la même somme pour toute information concernant les tueurs du Brabant. Il estimait que ses révélations valaient bien celles-là. Je trouvais pour ma part que 100.000 francs (2.479 euros) suffisaient. Il a accepté de réduire son prix mais s'est arrêté à 8 millions avant de disparaître. Là, j'ai eu peur qu'il ne lui arrive un accident ou qu'il ne parle ailleurs. J'ai donc dit OK pour la somme", a expliqué l'ancien juge d'instruction, aujourd'hui magistrat fédéral.

L'argent a été remis à l'informateur par le juge, après la découverte des armes. "La somme a été payée en une fois, par moi, en billets neufs. L'argent venait du ministère de la Justice", a expliqué le témoin. Jean-Louis Prignon a confirmé que l'informateur n'était pas un des inculpés du dossier. Selon lui, il a reçu ses informations d'un des auteurs des faits.

L'ancien juge a également expliqué qu'il connaissait cette personne depuis longtemps. "Je l'avais rencontrée dans le cadre de mon travail et j'avais pu la jauger. J'avais à son égard le sentiment de conviction qu'elle n'avait pas le profil pour participer à un assassinat. Ce n'est pas de ça qu'elle vit", a-t-il déclaré, précisant que "l'informateur n'est pas un idiot mais bien un truand intelligent".

La juge Ancia avait expliqué qu'elle craignait pour son intégrité physique. Jean-Louis Prignon a quant à lui expliqué qu'il ne craignait rien... tant qu'il respectait les conditions du marché. "Si je ne respecte plus le contrat, j'aurai effectivement des craintes pour mon intégrité physique. Il est capable de recruter des gens dans le milieu dans lequel il gravite, comme par exemple des +joueurs+ de base-ball, pour me faire payer cette rupture de contrat", a-t-il remarqué.

Dans son témoignage, l'informateur cite "un personnage" sans donner son nom. "On sait qu'il s'agit de Castellino. Pourquoi l'informateur n'a-t-il pas donné son nom?", s'est inquiété Me Swennen. M. Prignon a refusé de répondre à la question. Mardi après-midi, la cour entendra des membres du cabinet d'Alain Van der Biest.