Le CDH accueille l'enfant prodigue

Le retour au CDH de Marc-Antoine Mathijsen, cofondateur et ex vice-président des Chrétiens démocrates francophones, a, comme on pouvait s'y attendre, été fermement critiqué par ses anciens compagnons de route du CDF et très apprécié par les troupes de Joëlle Milquet. Marc-Antoine Mathijsen sera d'ailleurs accueilli comme un enfant prodigue au congrès que le CDH organise ce samedi. Il ne sera pas seul: Christophe Taquin rentre aussi au bercail.

V.d.W.
Le CDH accueille l'enfant prodigue
©BELGA

Le retour au CDH de Marc-Antoine Mathijsen («La Libre» du 23/01), cofondateur et ex vice-président des Chrétiens démocrates francophones, a, comme on pouvait s'y attendre, été fermement critiqué par ses anciens compagnons de route du CDF et très apprécié par les troupes de Joëlle Milquet.

Marc-Antoine Mathijsen sera d'ailleurs accueilli comme un enfant prodigue au congrès que le CDH organise ce samedi. Il ne sera pas seul: un ex-échevin de la ville de Mons, Christophe Taquin, qui avait, il y a quelques années, suivi Gérard Deprez au MCC puis au MR, rentre aussi au bercail. Pour la présidente du CDH, le retour de M.Mathijsen démontre que le CDF a son avenir derrière lui, mais surtout que la démarche d'expansion du CDH n'était nullement incompatible avec la défense de valeurs fortes.

Chez les Chrétiens démocrates francophones, le départ de M.Mathijsen n'a guère surpris. Il suscite cependant quelques réactions acerbes. «La première erreur de Monsieur Mathijsen, et la plus grave pour lui-même, est d'avoir cédé au scepticisme, au découragement et à l'abandon d'un combat politique qu'il avait cependant entamé avec enthousiasme», explique le président du CDF, Benoît Veldekens, qui poursuit: «La deuxième erreur est de rejoindre un parti qui a décidé de s'allier au PS et dont les préférences systématiques sont de gauche. Or, pour la Wallonie et pour Bruxelles, le CDF estime qu'il est indispensable de construire une alternative de centre-droit.»

Son président rappelle qu'en 2002, le CDF avait voulu replanter le drapeau chrétien dans le paysage politique francophone: «Nous sommes aujourd'hui fermement décidés à l'y maintenir. Le combat du CDF continuera, annonce-t-il, quels que soient les défaitismes individuels de certains.»«C'est un non-événement, commente Dominique Harmel, cofondateur du CDF. J'aurais cependant apprécié qu'il nous explique son choix de vive voix.» Dominique Harmel réfute l'argument selon lequel il aurait choisi d'entamer des négociations avec le MR «par calcul», selon l'expression de M.Mathijsen. «Je continue à défendre le projet du CDF que nous avons construit ensemble. Et j'ai répondu à l'appel lancé par le président du MR, Antoine Duquesne, et le président du gouvernement bruxellois, Daniel Ducarme, à la constitution d'un pôle des dynamiques ou des libertés. Il ne s'agit pas d'une absorption: si travail en commun il y a, cela ne peut s'envisager que dans le cadre d'un véritable cartel sur la base d'un projet commun où l'on retrouve l'essentiel de notre programme.»

Les discussions sont au point mort. Elles ne reprendront qu'à la mi-février. «Il n'y aura pas de ralliements individuels. S'il n'y a pas de proposition substantielle et concrète, nous nous présenterons seuls», affirme Benoît Veldekens.

© La Libre Belgique 2004