Dutroux charge Nihoul, Martin et deux policiers

Marc Dutroux, qui a pris la parole mercredi matin, a choisi de jouer la carte du «j'accuse». Il pointe notamment du doigt Michel Nihoul, et affirme que deux «policiers» avaient pris part avec lui et son homme de main Michel Lelièvre à l’enlèvement en août 1995 d’An Marchal et Eefje Lambreckx.

Dutroux charge Nihoul, Martin et deux policiers
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BELGA

12 h 20: Marc Dutroux a également donné une nouvelle version pour la mort de Julie et Mélissa, rejetant la responsabilité sur d'autres. Marc Dutroux a expliqué qu'en prévision de son arrestation le 6 décembre 1995, il avait préparé de la nourriture pour les deux jeunes Liégeoises et avait donné 230.000 francs à Martin pour qu'elle s'en occupe. Il a dit qu'il s'attendait à les retrouver vivantes lors de sa libération en mars 1996. «Mais elles étaient décédées», a-t-il dit. Le président lui a fait remarquer que dans des déclarations antérieures, il avait dit qu'il avait tenter de ranimer les deux fillettes mourantes. Marc Dutroux a dit qu'il avait alors menti, «brodé» et raconté des «foutaises». Il a encore précisé que, pendant sa détention, Julie et Mélissa, auraient été extraites de la cache de Marcinelle avant d'y être ramenées peu avant sa libération.

11 h 30: Marc Dutroux a désigné mercredi Michel Nihoul comme le commanditaire de l'enlèvement d'An Marchal et Eefje Lambreckx. Il a dit avoir enlevé les deux jeunes Limbourgeoises à la côte belge en compagnie de Michel Lelièvre et deux policiers, présentés par Nihoul. Marc Dutroux a dit qu'il avait soustrait Julie et Mélissa au réseau Nihoul. Furieux et sous la menace, ce dernier lui a alors imposé de ramener deux autres filles pour son réseau. Les deux Limbourgeoises devaient être emmenées à Bruxelles mais, en raison d'une panne sur l'autoroute la nuit de leur enlèvement, elles sont venues à Charleroi, a dit Marc Dutroux. Il a ajouté les avoir gardées une quizaine de jours et avoir sympathisé avec elles avant que Weinstein et Lelièvre ne viennent les chercher.

10 h 41: Marc Dutroux a pris la parole mercredi matin pendant une heure et demi. D'une voix calme, avec un accent carolo prononcé, Marc Dutroux a choisi de jouer la carte du «j'accuse». Il tente de minimiser les faits à sa charge en détournant l'attention vers d'autres personnes. Et il se pose aussi en victime. S'il a admis avoir commis certains faits, c'est pour protéger d'autres personnes, comme par exemple Michelle Martin.

Marc Dutroux a expliqué que s'il avait construit une cache dans sa maison de Marcinelle c'était tout d'abord pour y cacher ses outils. Lors d'une perquisition, il avait été délesté de ses outils.

«Je me suis trouvé amputé. Je voulais cacher mes nouveaux outils», a-t-il expliqué. Mais la cache a pris une autre forme quand, en juillet 1995, il a découvert deux petites filles chez lui, en compagnie de Lelièvre, Weinstein, Nihoul et mon épouse. «Ma femme m'a dit qu'on allait les garder à la maison quelques jours. Je ne savais pas qu'elles avaient été enlevées car je ne regardais pas la télévision», a-t-il commenté.

«Après quelques jours, j'ai vu que Weinstein avait joué avec Mélissa. Je me suis fâché. Il m'a dit 'ce n'est rien par rapport à ce qui va leur arriver quand elles vont arriver chez Nihoul et compagnie'. Je me suis alors mis d'accord avec Weinstein et Martin pour faire croire à Lelièvre que Julie et Mélissa avaient été livrées à un autre réseau», a-t-il expliqué pour justifier la présence des fillettes dans la cache et la construction d'une «porte blindée coulissante».

Pour Marc Dutroux, les fillettes avaient le choix. Soit aller dans le réseau de Michel Nihoul, soit rester chez lui, où elles étaient tranquilles et bien traitées; son statut de libéré conditionnel ne lui permettant pas de «les mettre dehors».

A 10H40, le président a suspendu la séance. Elle devrait reprendre vers 11H00 avec la suite des explications de Marc Dutroux.

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