Pour M. Connerotte, la gendarmerie a retenu des infos

Si la juge d'instruction liégeoise, Martine Doutrewe, avait eu toutes les informations dont disposait la gendarmerie sur Marc Dutroux, elle aurait pu arriver au même résultat que lui, avant lui, a dit le juge d'instruction Jean-Marc Connerotte devant les assises d'Arlon.

BELGA

Si la juge d'instruction liégeoise, Martine Doutrewe, avait eu toutes les informations dont disposait la gendarmerie sur Marc Dutroux, elle aurait pu arriver au même résultat que lui, avant lui, a dit le juge d'instruction Jean-Marc Connerotte devant les assises d'Arlon.

Interrogé par Me Magnée, avocat de Marc Dutroux, il a cité un document de juillet 1995 dans lequel Dutroux est cité comme suspect dans le cadre de l'enlèvement de Julie et de Mélissa. «On y parle de rapts d'enfants, d'argent, de trafic vers l'étranger et peut-être même, je ne me rappelle plus tout à fait, de cache. J'ai été impressionné par la richesse de ces documents et un juge d'instruction qui aurait eu cela aurait procédé de la même manière que moi », a-t-il expliqué.

Il a également fait état d'un courrier envoyé par la juge Doutrewe au major Decraene, à l'Etat-Major de la gendarmerie, dans laquelle elle s'étonne qu'un ordre ait été donné à un gendarme de Grâce-Hollogne de ne pas quitter Liège pour Charleroi le 15 août 1996 car sa présence n'était pas désirée. «Or, il devait me rencontrer à Charleroi, je le confirme, et cela à la demande de la juge Doutrewe », a expliqué Jean-Marc Connerotte, disant «ignorer qu'un major de gendarmerie avait le pouvoir d'entraver le travail de deux juges d'instruction ».

Concernant les faits, il a constaté qu'il trouvait troublant que Julie et Mélissa ait pu rester plus de 100 jours en vie, avec le peu de nourriture et d'eau qui leur avait été laissé par Marc Dutroux.

"J'ai d'ailleurs interrogé un médecin légiste qui m'a dit formellement qu'un adulte aurait pu résister au maximum 60 jours ", a-t-il expliqué.

Au cours de l'enquête, Marc Dutroux avait en effet déclaré que les fillettes étaient toujours vivantes lors de sa libération, le 20 mars 1996. Il est revenu sur ses explications lors de son audition de mercredi et a déclaré qu'il avait retrouvé les cadavres des fillettes.

Le juge a aussi pointé les raisons qui ont poussé les accusés à commettre les faits. Sabine - qui, précise le juge, dit n'avoir jamais rencontré que Dutroux pendant sa séquestration - avait été enlevée «pour agrandir la famille de Marc Dutroux ». Concernant An et Eefje, le juge a relevé les différentes versions données par Dutroux: soit les jeunes filles ont été enlevées par lui et Lelièvre à la demande du second qui voulait les placer dans un réseau, soit elles ont été enlevées par Lelièvre et Weinstein. Elles auraient été éliminées car leur cohabitation avec Julie et Mélissa était gênante.

Le juge a également pointé les expertises médicales qui notent de façon formelle les sévices sexuels dont ont été victimes les enfants.

Quant au mobile de l'assassinat de Bernard Weinstein, il est également trouble. Soit Dutroux voulait l'éliminer pour protéger Julie et Mélissa qu'il voulait tuer, soit le but était de lui dérober de l'argent. Mais pour le juge Connerotte, l'hypothèse la plus vraisemblable est qu'il était «un témoin gênant qui savait beaucoup de choses ».