Langlois décortique le dossier

Le juge d'instruction Jacques Langlois a estimé que les faits de séquestration et de viol pour lesquels comparait Marc Dutroux pouvaient être vus comme un «calque» des faits commis en 1985 et pour lesquels il a été condamné à 13,5 années de prison en 1989. Mais il y a deux différences, a précisé le juge. En 1985, il libérait ses victimes après quelques heures et n'utilisait pas de médicaments pour les endormir.

Langlois décortique le dossier
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13h: Le juge d'instruction Jacques Langlois a estimé que les faits de séquestration et de viol pour lesquels comparait Marc Dutroux pouvaient être vus comme un «calque» des faits commis en 1985 et pour lesquels il a été condamné à 13,5 années de prison en 1989.

Mais il y a deux différences, a précisé le juge. En 1985, il libérait ses victimes après quelques heures et n'utilisait pas de médicaments pour les endormir, se contentant de leur masquer les yeux avec du sparadrap.

Jacques Langlois a choisi de présenter son exposé en reprenant la chronologie des faits. En préambule, il a tenu à indiquer qu'il n'avait été victime d'aucune pression. Il a répondu implicitement à certaines des critiques qui lui ont été faites par des parties civiles: «dire que je n'ai travaillé sur le dossier Julie et Mélissa qu'à partir de 2000, c'est entièrement faux», a-t-il dit. Il a encore souligné que les «pistes périphériques», comme celle faisant état de la présence de Julie et Mélissa dans une boîte de Charleroi, avaient été vérifiées.

Il a expliqué aussi que Marc Dutroux n'avait pas véritablement collaboré à l'enquête, refusant rapidement tout interrogatoire pour protester contre ses conditions de détention.

Le témoignage du juge Langlois a été suspendu à 12H30. Il reprendra à 14H00. Le juge a annoncé qu'il allait présenter «l'ossature du dossier» à l'aide d'un «screen show» et de photos. Son exposé - «ce n'est pas un récit mais bien le reflet de plusieurs années d'enquête», a-t-il précisé, qui devrait durer plusieurs jours, se terminera par la diffusion des cassettes des video filmées lors des reconstitutions.

11h50: Marc Dutroux a souligné lundi qu'il avait dû insister pendant une heure pour que les policiers se rendent avec lui le 15 août 1996 dans la cache de Marcinelle où il venait de dire qu'il détenait Sabine et Laetitia. Les trois policiers, entendus comme témoins, n'ont pu confirmer, ni infirmer ses propos car ils n'étaient pas présents lors de cet interrogatoire.

Intervenant d'initiative, Marc Dutroux a dit qu'il avait pris cette décision de dire où étaient séquestrées Sabine et Laetitia car son mandat d'arrêt avait été confirmé pour un mois. Il a précisé que l'enquêteur qui l'interrogeait pensait qu'il disait des «foutaises» et qu'il a dû insister pendant une heure car le policier estimait qu'il voulait le promener.

Les trois policiers n'ont pu donner de réponses précises aux conseils de Laetitia Delhez qui, par des questions pointues, se demandaient si l'on aurait pu retrouver Laetitia deux jours plus tôt lors des premières perquisitions à Marcinelle. Un de ces policiers, Marcel Guissard, présent lors de la libération des deux adolescentes, a précisé que la cache était particulièrement bien dissimulée. «Nonante-neuf pc des Belges seraient passés à côté», a-t-il précisé.

A la suite de l'interrogatoire du juge Connerotte jeudi, les policiers ont détaillé toutes les mesures prises pour protéger le juge d'instruction et le procureur du Roi, Michel Bourlet, fin août 1996. Selon eux, comme l'a fait remarquer Me Clément de Cléty, la protection a été sollicitée, à au moins 5 reprises, par le juge d'instruction. De son côté, le juge avait mentionné que les mesures avaient été imposées par la gendarmerie.

L'audition du juge d'instruction Jacques Langlois a débuté lundi à 11H25. Muni de 6 classeurs et accompagné par un «assistant technique», le magistrat devrait être entendu pendant au moins 4 jours. Il a commencé par «affirmer de manière ferme et définitive» qu'il n'avait subi aucune pression, que ce soit policière, politique ou judiciaire. «Il n'y a pas de raison d'Etat derrière ce dossier», a-t-il expliqué pour répondre aux nombreuses critiques dont il a fait l'objet lors de l'instruction.

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