L'enlèvement de Julie et de Mélissa n'était pas prémédité

Selon le juge Langlois, tout laisse penser que l'enlèvement de Julie et de Mélissa, le 24 juin 1995, n'était pas prémédité. Et le juge de préciser que la cache dans laquelle les gamines ont été séquestrées n'était pas prête au moment de l'enlèvement.

L'enlèvement de Julie et de Mélissa n'était pas prémédité
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BELGA

Selon le juge Langlois, tout laisse penser que l'enlèvement de Julie et de Mélissa, le 24 juin 1995, n'était pas prémédité. Et le juge de préciser que la cache dans laquelle les gamines ont été séquestrées n'était pas prête au moment de l'enlèvement.

«Tout me laisse penser qu'au moment de l'enlèvement de Julie et de Mélissa, Marc Dutroux ne se trouvait pas dans les conditions matérielles pour les séquestrer », a-t-il précisé. Pour lui, la cache a été aménagée entre le 10 et le 21 juillet 1995.

Le témoin a détaillé avec moults schémas et photos la manière dont cette cache a été aménagée dans une ancienne citerne à eau. Aération, étagère, tubes néon, télévision, tablette, console Sega ont meublé ce petit espace que Marc Dutroux a peint en jaune «car c'est une couleur qui égaye ». Le juge a également détaillé le mécanisme de fermeture de la porte coulissante qui masquait l'entrée de la cache.

Cette cache de Marcinelle n'était pas la première aménagée par Marc Dutroux. Des perquisitions réalisées en novembre 1993 et en août 1996 dans une autre de ses maisons à Marchienne ont montré que les caves avaient été percées par un tunnel. Marc Dutroux avait justifié ces aménagements comme «travaux d'égouttage ». Une version peu crédible, selon un architecte désigné comme expert. «La perquisition de novembre 1993 a mis un coup d'arrêt aux travaux en cours dans cette cave », a précisé Jacques Langlois.

Le juge d'instruction a également évoqué les nombreuses photos et cassettes video découvertes chez Marc Dutroux. On y voit des scènes de viol, beaucoup de jeunes filles dénudées et des personnes photographiées à leur insu sur la plage. Trois clichés montrent Sabine nue. Marc Dutroux utilisait un appareil polaroïd à développement instantané pour éviter que les photos ne transitent par les mains d'une tierce personne.

Il filmait les gens à leur insu, dans la rue ou à la plage, en dissimulant un caméscope dans un sac de voyage. Il cachait le témoin lumineux de fonctionnement à l'aide d'un chewing-gum.