Nihoul «commanditaire» du rapt de Laetitia, pour Bourlet

Le procureur Michel Bourlet a estimé jeudi dans son réquisitoire «normal» de considérer que l’ex-homme d’affaires et escroc Michel Nihoul est le «commanditaire» de l’enlèvement de Laetitia Delhez, victime survivante de Marc Dutroux. «Si ce procès a permis d’avancer sur un point, c’est sur l’implication de Nihoul dans les faits de Bertrix», où Laetitia avait été enlevée le 9 août 1996, a déclaré M. Bourlet.

Nihoul «commanditaire» du rapt de Laetitia, pour Bourlet
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AFP

Le procureur du roi Michel Bourlet a demandé jeudi matin au terme de son réquisitoire de déclarer Michel Nihoul commanditaire de l'enlèvement de Laetitia Delhez. Il appuie notamment sa conviction sur la présence de l'accusé à Bertrix la semaine de l'enlèvement qu'il estime incontestable. Il ne doute pas non plus de la participation de Marc Dutroux à l'enlèvement de Julie et Mélissa.

Pour le procureur du roi, les 32 préventions à charge des quatre accusés sont établies. Il les a disséquées jeudi matin dans la seconde partie de son réquisitoire qu'il a terminé en rendant hommage aux trois juges d'instruction - dont le juge Langlois - et aux policiers qui ont travaillé avec lui. «S'il y a eu des divergences tous ont été remarquables de sincérité et d'organisation et ils ont fait leur travail dans le seul dessein de présenter la vérité», a dit M. Bourlet.

Michel Bourlet a développé son argumentation sur les seules préventions où les preuves sont les plus ténues et les aveux inexistants. «Si ce procès a permis d'avancer sur un point, c'est bien sur la présence de Michel Nihoul à Bertrix», a dit M. Bourlet après avoir rappelé qu'il avait demandé un non-lieu devant les juridictions d'instruction. M. Bourlet, qui concède que tous les témoignages faisant état de cette présence ne sont pas crédibles, souligne que trois d'entre eux ne peuvent être contestés. «Ils ne sont sans doute pas témoins de l'enlèvement ou d'un repérage mais ils permettent de situer sa présence à un endroit qui détruit tous ses alibis pour cette semaine et les données de téléphonie», a dit M. Bourlet.

Deux autres éléments étayent également sa conviction. Il a cité des déclarations de Michelle Martin, qui s'est dite convaincue que Nihoul était impliqué dans les six enlèvements. Elle étayait ses dires par les nombreux appels téléphoniques de Nihoul vers Dutroux qui s'isolait alors pour qu'elle n'entende pas. M. Bourlet y ajoute les explications «saugrenues» de Michel Nihoul sur la remise d'ecstasy à Lelièvre le lendemain de l'enlèvement de Laetitia. Michel Nihoul avait parlé d'une infiltration pour la gendarmerie mais, pour M. Bourlet, cela ne résiste pas aux témoignages des policiers.

«Non seulement, je ne crois pas scandaleux qu'il soit considéré comme commanditaire. Aujourd'hui, je considérerais même normal de la considérer comme tel», a dit M. Bourlet pour qui il n'y a pas moins de preuve de cette implication que pour la participation de Marc Dutroux à l'enlèvement de Julie et Mélissa.

Pour le procureur du roi, Michel Nihoul est également membre de l'association de malfaiteurs impliquée dans les enlèvements. Marc Dutroux en est le chef tandis que Michel Nihoul est notamment l'homme qui doit lui apporter des protections.

Pour le procureur, l'implication de Nihoul dans un trafic d'êtres humains entre la Slovaquie et la Belgique ne fait pas de doute. Il s'appuie sur les déclarations de Michel Lelièvre. Ce dernier a dit que Nihoul était pressant pour que lui-même et Dutroux ramènent des filles qu'il devait placer dans des bars.

Marc Dutroux, qui le nie, est le seul poursuivi pour l'enlèvement de Julie et Mélissa. Marc Dutroux avait déjà commis des enlèvements; il s'était ouvert à plusieurs personnes peu avant le rapt de Julie et Mélissa de son intention de commettre des enlèvements; il a effectué des travaux de viabilisation dans la cache en mai 1995, a fait remarquer M. Bourlet. «Toutes ces présomptions amènent à penser que l'enlèvement ne pouvait être fortuit», a-t-il conclu.

«Certes, il n'y a pas de témoins directs de la présence de Marc Dutroux à Grâce-Hollogne sur le site du Crotteux», a poursuivi M. Bourlet avant de préciser que Mme Beugnée l'a reconnu, après son arrestation, comme l'homme qui a tenté d'enlever sa fille à Ougrée quelques heures avant le rapt de Julie et Mélissa. Il a déploré une nouvelle fois que les enquêteurs n'aient pas présenté à Mme Beugnée, qui a déposé plainte immédiatement, les photos de Marc Dutroux.

Pour M. Bourlet, Marc Dutroux est bien l'auteur de l'assassinat d'An et Eefje qu'il attribue cependant à Weinstein. «Désigné comme l'auteur par son épouse, il indique, comme seul pourrait le faire l'auteur des faits, le lieu où elles sont enterrées», a expliqué M. Bourlet.

Les viols des quatre victimes mortes ne font pas plus de doute dans l'esprit du procureur du roi. «Je ne connais pas une des victimes vivantes de Marc Dutroux qui ne l'accuse de cette pratique obsessionnelle chez lui », a fait valoir M. Bourlet.





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