Quid du verrou des 25000 vols de nuit?

Environ six mois après l'introduction de la demande, la Députation permanente du Brabant flamand vient de délivrer le permis d'environnement à Biac, gestionnaire de l'aéroport de Bruxelles-National.

Ph.Law.

Environ six mois après l'introduction de la demande, la Députation permanente du Brabant flamand vient de délivrer le permis d'environnement à Biac, gestionnaire de l'aéroport de Bruxelles-National. L'autorisation lui a été délivrée pour 20 ans avec maintien de la limite de 25000 vols de nuit par an. Mais la Députation permanente n'exclut pas une révision du plafond (probablement à la hausse) en fonction des négociations relatives à l'augmentation des activités de DHL. La société de courrier express demande à pouvoir opérer environ 34000 mouvements nocturnes en 2012.

Aucune norme n'est fixée pour les activités de jour, mais la Députation permanente a toutefois essayé d'encadrer le développement des activités nocturnes. Elle a maintenu à 12 le quota count (QC, seuil de bruit maximum à l'émission par vol de nuit) et fixé la quantité totale de bruit nocturne à 49000 QC en été et 35000 QC en hiver. Elle invite Biac à présenter, dans les 6 mois, ses alternatives de réduction des nuisances sonores. Biac se voit aussi imposer (dans les 3 ans) des travaux d'allongement du taxiway existant le long de la piste 25 gauche pour permettre aux avions d'accéder au début de la piste et l'installation d'un ILS sur toutes les pistes.

Les aménagements devront être réalisés dans un délai de 3 ans. Selon des observateurs, l'extension du taxiway nécessitera l'agrandissement du tunnel passant sous la piste à côté du centre pour réfugiés de Steenokkerzeel. Le permis intègre en passant le plan de dispersion du ministre fédéral de la Mobilité Bert Anciaux (SP.A-Spirit).

Haro des riverains

Au cabinet du ministre Anciaux, dont le départ pour l'exécutif flamand serait imminent, on se veut réaliste. «C'est une bonne chose, mais il faut imposer à DHL de renouveler sa flotte et garantir l'isolation acoustique des habitations. Je suis d'avis qu'il faut encore réduire le quota count», dit Bert Anciaux. Du côté du futur ex-ministre bruxellois de l'Environnement, la délivrance du permis ouvre la voie au lancement des actions. «Je suis encore ministre de l'Environnement pour quelques jours et je vais dès vendredi ou lundi au plus tard introduire un recours contre ce permis et si l'exécutif flamand ne me suit pas, il appartiendra à mon successeur de poursuivre la procédure au niveau du Conseil d'Etat», dit Didier Gosuin. Un bureau d'avocats a déjà préparé le dossier et quatre arguments y sont développés: défaut d'étude d'incidence valable, plafond de bruit variable, absence de mesures de prévention et de réduction du bruit ainsi que de la pollution atmosphérique.

La réaction des riverains est plus sèche et violente. «La Députation permanente est restée sourde à toutes les réclamations et offre un chèque en blanc à Biac et à DHL. L'Ubcna dénonce la collusion socialiste dans ce dossier, avec un PS francophone qui se tait dans toutes les langues et un SP.A flamingant qui tire toutes les ficelles et contrôle tous les organes de décisions», pestent Jacques Vandenhaute et François van Hoobrouck, président et vice-président de l'Union belge contre les nuisances des avions (Ubcna). Ils accusent la Députation permanente d'outrepasser ses compétences en imposant notamment des travaux à Biac, coupant ainsi l'herbe sous le pied au fédéral.

© La Libre Belgique 2004