Les leçons d'un psychodrame

FRANCIS VAN de WOESTYNE

La Belgique vit un nouveau psychodrame politique depuis que le sort du gouvernement est suspendu à l'accord que le Premier ministre tente d'arracher, au sein de son équipe et avec les exécutifs flamand et bruxellois, sur l'extension des activités de la société DHL à Zaventem.

On peut évidemment regretter la méthode utilisée pour y parvenir: Guy Verhofstadt attend le dernier moment pour tout régler et cumule les dossiers les plus difficiles. On ne le changera malheureusement plus. Pourquoi, diable, s'enferme-t-il toujours dans des calendriers impossibles à tenir? S'il est une leçon, une seule, qu'il aurait pu retenir de son prédécesseur, Jean-Luc Dehaene, c'est bien celle-là: donner du temps au temps.

La mobilisation du gouvernement fédéral et des entités fédérées mérite d'être soulignée dans ce dossier. Mais on ne peut cependant se départir de la désagréable impression que certains, au gouvernement flamand notamment, ont un «agenda caché» et tentent, par tous les moyens, de fragiliser encore l'équipe Verhofstadt, en avançant des exigences rendant tout compromis impossible. Tout Etat fédéral ne peut subsister sans une notion essentielle à cultiver par toutes ses composantes: la loyauté fédérale.

Cela dit, régler le dossier DHL ne suffira pas. Il est essentiel que très rapidement, le gouvernement se penche sur l'avenir de l'aéroport national à moyen et long terme. Situé où il est, à quelques kilomètres d'une capitale dans une zone très peuplée, l'aéroport de Zaventem ne pourra se développer à l'infini sans entraîner de nouvelles nuisances sonores. Or, dans ce domaine, la limite est atteinte.

Terminons par une réflexion de bon sens, que plusieurs responsables politiques, du sud comme du nord du pays, ont émise, au cours de cette folle nuit. La régionalisation à outrance de certaines matières, comme les normes de bruit, a montré ses limites. Il faudrait s'en souvenir au prochain forum institutionnel.

© La Libre Belgique 2004