Que les Régions y mettent du leur...

FRANCIS VAN de WOESTYNE
Que les Régions y mettent du leur...
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ENTRETIEN

Peut-on réellement parvenir à un bon accord avec la méthode de travail de Guy Verhofstadt?

C'est une bonne méthode de travail et de recherche de compromis. La Belgique est ce qu'elle est.

Le fait de devoir négocier avec des Régions, dirigées par des coalitions différentes, a-t-il compliqué les choses?

La négociation entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées est évidemment difficile. Car les intérêts sont parfois contradictoires. Nous avons tenté de trouver des formules pour faire sauter un certain nombre de verrous que chacune des Régions avait, tout en donnant des garanties. Prenons le plafond des 25000 vols: j'y suis toujours favorable. Mais puisqu'il y a une demande d'aller jusqu'à 28000 vols, nous avons proposé d'inscrire l'idée que le développement de l'aéroport pourrait aller jusqu'à 28000 vols tout en faisant en sorte que, pendant que DHL se développe, on enlève d'autres vols.

Cela a été rejeté...

J'ai proposé de voir dans quelle mesure les vols charter pouvaient aller à Ostende ou à Bierset. Cela n'est peut-être pas possible. Mais il faut également voir dans quelle mesure les vols charter ne peuvent pas sortir de la nuit entre 23 heures et 6 heures du matin. On pourrait par exemple les décaler légèrement pour qu'ils partent avant 23 heures ou après 6 heures et qu'ils sortent de la logique des vols de nuit.

Les demandes des Régions vous ont-elle paru extravagantes?

Il y a un certain nombre de demandes que l'on pouvait ne fût-ce qu'intégrer. Mais le président du gouvernement flamand, Yves Leterme, a avancé des demandes qui n'étaient pas directement liées à DHL, qui donnaient surtout l'impression que l'on voulait envoyer plus de vols sur Bruxelles qu'actuellement. Cela était inacceptable.

Yves Leterme n'a pas joué franc-jeu?

Ce qui m'a surpris, c'est que le président du gouvernement flamand, Yves Leterme, est allé, pendant un long moment, consulter un groupe de parlementaires avant de nous apporter sa réponse. Nous, on s'attendait à ce qu'un gouvernement dispose d'un mandat et que sa position ne soit pas dictée par un parti, le CD&V en l'occurrence. Or ce parti semble lui avoir donné des instructions.

Les deux Régions ont donc rejeté les propositions. Pourquoi changeraient-elles d'avis?

Ce qui peut les faire changer d'avis, ce sont les réactions, la direction, le personnel de DHL. J'aimerais, aussi, recevoir les demandes précises des Régions. Cela démontrerait qu'elles veulent réellement travailler en commun.

Supposons que le dossier DHL se règle. Le gouvernement va buter sur Bruxelles-Hal-Vilvorde...

Ce qui devra suivre, ce ne sont pas les dossiers institutionnels, c'est le budget 2005 et l'ensemble des mesures économiques et sociales. Dans la déclaration du 12 octobre de Guy Verhofstadt, il y aura évidemment un chapitre sur le Forum institutionnel. Mais si certains tiennent à une réforme, il faut que la solution apportée règle un problème et que les droits individuels s'améliorent et, en tout cas, ne reculent pas. Si on entre dans un quelconque dialogue, il faut que cela se fasse de manière respectueuse des intérêts des uns et des autres.

Votre ambition est-elle toujours de présenter un budget 2005 en équilibre?

Tout à fait. Il est indispensable que la Belgique continue à travailler dans la logique d'un budget équilibré et continue à diminuer sa dette. C'est nécessaire. D'abord parce qu'au niveau européen, on y est de plus en plus attentif. Ensuite parce qu'il faut qu'elle repasse sous la barre des 100 pc du produit intérieur brut. Enfin parce que l'on s'est engagé à reprendre la dette du chemin de fer.

Le gouvernement s'est engagé à éponger le déficit de la Sécu...

Cela nécessitera de vérifier que les dépenses en soins de santé sont bien maîtrisées. Il y a une trajectoire de 4,5pc de croissance à respecter. Cela oblige à mener, comme on le fait en matière fiscale, des actions contre la fraude.

Souhaitez-vous une nouvelle réduction de l'impôt des sociétés?

Il faut donner des réponses aux entreprises, par le biais de mesures immédiates. Mais je souhaite aussi lancer d'autres initiatives qui s'inscriront dans le cadre d'une nouvelle réforme de l'impôt des sociétés.

© La Libre Belgique 2004