DHL: la machine bruxelloise se grippe

Après la réunion qui s'est soldée par une absence de consensus entre les 6 composantes du gouvernement bruxellois sur un texte déterminant sa position face à la proposition de compromis du gouvernement fédéral dans le dossier DHL, le ministre-président bruxellois Charles Picqué s'est voulu prudent pour la suite des opérations.

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DHL: la machine bruxelloise se grippe
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Après la réunion qui s'est soldée par une absence de consensus entre les 6 composantes du gouvernement bruxellois sur un texte déterminant sa position face à la proposition de compromis du gouvernement fédéral dans le dossier DHL, le ministre-président bruxellois Charles Picqué s'est voulu prudent pour la suite des opérations.

Il n'a pas exclu une reprise des discussions, indiquant que des contacts seraient pris vendredi matin. Pour lui, le gouvernement régional était proche d'un accord, mais il y a eu un raidissement de dernière minute "de certains" sur la formulation d'une petite partie du texte, a-t-il dit, citant à demi-mot le cdH, sans toutefois se livrer à une attaque en règle de son partenaire de majorité.

Le ministre-président bruxellois a affirmé avoir préféré mettre un terme à la réunion "plutôt que d'envoyer au gouvernement fédéral un texte qui ne peut être interprété tellement il est vague". Selon Charles Picqué, il manque au gouvernement bruxellois une réponse à plusieurs questions quant à l'impact sur le nombre de vols de nuit qu'aurait une concrétisation du transfert des vols charters et cargos vers les aéroports régionaux. Cette absence de réponse a été déterminante, selon lui, dans la discussion survenue autour du "chiffre magique" des 25.000 vols nocturnes annuels (NDLR: que le cdH a répété jeudi ne pas vouloir dépasser). A ses yeux, il est donc préférable d'attendre un certain nombre d'informations complémentaires avant se prononcer.

Dans ce contexte, Charles Picqué a dit regretter que l'on ne dispose pas d'assez de temps dans ce dossier "pour explorer une piste qui pourrait ouvrir une porte" vers une formule de compromis. A ses yeux, au-delà de la question de leur nombre-limite, il importe surtout de voir comment les vols de nuit sont répartis et de mesurer l'impact d'autres mesures en termes de diminution de la charge sonore subie par les habitants. Le Vice-première ministre Laurette Onkelinx a été informée verbalement de l'issue des travaux, a-t-il encore dit.

Charles Picqué a enfin tenu à souligner que les négociateurs flamands du gouvernement bruxellois avaient "fait des ouvertures". De son côté, la ministre de l'Environnement Evelyne Huytebroeck a affirmé que beaucoup d'éléments de réponse à des questions manquaient et ont été à la base de l'absence d'unanimité autour d'un texte. Pour elle, "si le gouvernement fédéral avait travaillé d'une autre manière dans ce dossier, on n'en serait pas là".


Appel à la grève Les représentants syndicaux et les employés de DHL vont demander aux syndicats et au personnel de toutes les autres entreprises de l'aéroport de Zaventem de faire grève au moins une heure aujourd'hui, a déclaré vendredi Hendrik Vermeersch (BBTK) après un entretien avec la direction du cdH. Peu après 10h, les représentants des syndicats et quelques membres du personnel de DHL sont sortis du siège du cdH après un entretien avec la présidente du parti Joëlle Milquet et le ministre bruxellois de l'économie, Benoît Cerexhe. «Nous leur avons dit qu'un accord devait intervenir aujourd'hui et que le cdH devait faire des concessions », a expliqué le représentant syndical Hendrik Vermeersch. «Notre action d'aujourd'hui sera décisive et un accord aboutira aujourd'hui-même », a-t-il ajouté. Les syndicats ont appelé les collègues des autres entreprises installées à Zaventem à faire grève pendant au moins une heure aujourd'hui/vendredi. Tandis que les syndicats s'entretenaient avec la direction du cdH, environ 200 travailleurs de DHL protestaient devant le bâtiment en lançant oeufs, tomates et farine sur les murs du bâtiment. La situation a failli déraper lorsqu'un employé de DHL est arrivé le visage en sang. Il a affirmé qu'un agent de sécurité lui avait donné une gifle, le blessant à l'arcade soucillière./