Le dossier DHL devient insoluble

Hier, tard dans la soirée, le dossier d'extension de DHL à l'aéroport de Zaventem n'a toujours pas été solutionné. Il sera une nouvelle fois sur la table du kern ministériel ce mercredi matin à 8h. Et pourtant, après les remarques et suggestions des exécutifs flamand et de Bruxelles-Capitale, le gouvernement fédéral est venu avec un deuxième compromis fédéral censé tenir compte des divers avis.

Ph. Law.
Le dossier DHL devient insoluble
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Hier, tard dans la soirée, le dossier d'extension de DHL à l'aéroport de Zaventem n'a toujours pas été solutionné. Il sera une nouvelle fois sur la table du kern ministériel ce mercredi matin à 8h. Et pourtant, après les remarques et suggestions des exécutifs flamand et de Bruxelles-Capitale, le gouvernement fédéral est venu avec un deuxième compromis fédéral censé tenir compte des divers avis. Selon des sources proches du dossier, il y a des avancées dans le texte, mais il comporte des reculs inexplicables.

Même s'il affiche 17 dispositions comme le précédent, le nouveau compromis fédéral (l'ultime?) est beaucoup plus dense (4 pages contre 3 pour le premier) et intègre des éléments mis en avant par les deux Régions. Le verrou des 25000 vols de nuit annuels autorisés à l'aéroport national est maintenu, mais on en exclut les avions moins bruyants qui ne sont pas comptabilisés dans la limite totale autorisée. Petite précision subtile: la limite peut aller jusqu'à 26000 dont 21480 vols de nuit (quelle précision) seront affectés à DHL.

Le texte précise que «DHL bénéficiera de la garantie de développer ses activités à Zaventem pour parvenir à un hub central pour l'Europe de l'Ouest», ce qui accrédite la thèse selon laquelle la société de courrier express a changé de stratégie et a opté pour deux hubs dont l'un à Bruxelles et l'autre à Vatry (France) ou à Leipzig (ex-Allemagne de l'Est). Les auteurs du document fédéral prévoient que «d'ici 2007, les vols non commerciaux (gouvernement, humanitaires et militaires) opéreront pendant la nuit à partir d'autres aéroports belges; ceci, oui ou non, dans le cadre d'un transfert global des installations militaires de Melsbroek». Aucune référence au site pouvant les accueillir, laissant apparaître que ce sujet est aussi sensible.

Bruxelles chargée

Le texte indique également que les atterrissages commerciaux tombant dans les heures de nuit suite à des retards «seront au moins réduits à un tiers». Les sociétés concernées s'acquitteront de «droits d'atterrissage complémentaires et un mécanisme de sanction sera développé faisant en sorte que les sociétés cumulant un nombre excessif de retards risquent de perdre des slots». Le quota count total alloué au site (addition du bruit émis par un avion) passe de 84000 à 72000 (73000 dans le premier texte). En matière de dispersion, des nouveautés sont apparues dans le texte, mais selon un expert du dossier, c'est la région bruxelloise qui sera davantage survolée le jour (environ 15000 survols par an) et le Noordrand (nord de Bruxelles) soulagé.

Par ailleurs, contrairement à la situation actuelle où DHL n'utilise qu'un avion MD 11 (il s'agit d'un appareil bruyant), le texte autorise la filiale de Deutsche Post à faire voler quatre avions MD 11. Mais les responsables de DHL auraient revu leurs exigences à la hausse en demandant 14 avions MD 11 (le chiffre de 8 a circulé aussi) lors de la rencontre avec le vice-Premier Vande Lanotte (SP.A).

Incompréhensions

Ils ont cependant indiqué qu'ils pourraient créer 1400 emplois (chiffre inscrit dans l'accord en discussion) s'ils obtenaient les 22000 vols de nuit. Selon un expert, ce chiffre est encore exagéré (lire interview ci-contre). Mais ils n'ont donné aucune garantie sur le renouvellement de leur flotte d'avions. Une attitude qui a mécontenté le fédéral ainsi que les gouvernements de Bruxelles-Capitale et de la Flandre. D'où l'échec d'hier. «Je ne veux pas rentrer dans les chiffres, mais la situation a toujours été claire pour nous dès le début. Notre plan est connu depuis plus d'un an et on n'a pas pu le changer en trois jours», dit Xavier De Buck, directeur commercial de DHL.

Dans le nouveau texte, deux communes sont venues s'ajouter à Diegem dont on doit éviter le survol: Haren, Neder-over-Hembeek (commune de l'ex-ministre Bert Anciaux). La prolongation de la piste 25L est aussi évoquée et le principe de la sanction est remplacé par un avertissement adressé à Biac (gestionnaire du site). Le dossier DHL se perd...

© La Libre Belgique 2004