Au scanner

PAR FRANCIS VAN de WOESTYNE

Le budget des soins de santé connaît un déficit chronique. Que faire pour soigner le malade? Fermer les yeux et éponger le déficit chaque année? Scinder la Sécu au prétexte que les francophones consomment à mort? Bloquer les remboursements de certains médicaments? Mettre au pas les hôpitaux qui surfacturent? Développer les assurances privées? Le gouvernement fédéral et les acteurs de la santé sont face à un déficit colossal. Aucun ministre de la Santé n'est jamais parvenu à maîtriser les dépenses de soins de santé. Le gouvernement de Jean-Luc Dehaene avait imposé une norme de croissance du budget de la Sécu à 2,5pc l'an. L'étau fut pulvérisé. L'arc-en-ciel passa à 4,5pc. Record battu. On évoque aujourd'hui une croissance de 6pc, voire de 9pc. Il faut donc agir. Car si la santé n'a pas de prix, elle a un coût.

Bien sûr, il faut assurer aux malades les soins les plus adaptés, selon les techniques les plus avancées et avec le recours aux molécules les plus récentes. Mais on ne pourra échapper à certaines mesures de rationalisation de manière à contenir l'explosion du budget. Une radiographie en profondeur des dépenses s'impose, sans préjugé politique, partisan ou communautaire. S'il apparaît que certaines entités hospitalières, wallonnes notamment, abusent du système, il faudra leur imposer un retour à des normes acceptables et contrôlables. Si des transferts injustifiés sont repérés, il faudra y mettre fin pour faire taire ceux qui y trouvent des raisons de vouloir mettre fin à la solidarité interpersonnelle. Quand tout cela sera fait, il faudra penser à améliorer le mécanisme de financement de la Sécu, peut-être par une contribution sociale généralisée.

© La Libre Belgique 2004