Un mal typiquement francophone

V.R.

Le «cas» Arena illustre-t-il un mal typiquement francophone? On serait amené à le penser à la lecture de la dernière étude du professeur Robert Deschamps (Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix). Dans cette étude, l'enseignant namurois compare les volumes de dépenses entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Il en ressort que la Wallonie dépense, toutes proportions gardées, davantage d'argent dans les lois d'expansion économique, dans les politiques de l'emploi ou dans la formation que la Flandre, laquelle met plus l'accent sur la recherche fondamentale et l'action sociale. Il en ressort également - on revient à l'affaire du jour - que les Wallons consacrent 2,26 fois plus de moyens dans les dépenses de cabinet que les Flamands (les Bruxellois, c'est 2,59 fois plus). Comment expliquer une telle différence? « Je me le demande », se contente de dire Robert Deschamps.

Plusieurs raisons peuvent être émises. Premièrement, il y a plus de ministres francophones que flamands. Mais pas 2,26 fois plus. Il faut donc trouver l'explication en partie ailleurs. Où? Dans des coûts d'installation plus élevés. L'argent dépensé par Marie Arena pour rénover son cabinet interdit d'abandonner cette piste. Autre hypothèse: la prise en charge par les cabinets francophones de dépenses que la Flandre impute sur le budget de l'administration (ex.: les frais d'étude). C'est la version optimiste. Quoi qu'il en soit, tant l'affaire «Arena» que l'étude «Deschamps» posent des questions. Et demandent des réponses.

© La Libre Belgique 2004

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