Zaventem: «Il faut consulter Bruxelles»

La ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), revient sur le dossier Zaventem. Pour Evelyne Huytebroeck, Bruxelles a aussi son mot à dire sur l'avenir de Zaventem. Elle espère un cadastre de bruit couvrant 2004 pour le premier trimestre 2005.

PHILIPPE LAWSON
Zaventem: «Il faut consulter Bruxelles»
©D.R.

ENTRETIEN

La ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), revient sur le dossier Zaventem.

Que pensez-vous du jugement du 14 décembre, qui demande la fin de l'usage accru de la piste 02?

Il est clair et rejoint ce que nous disions depuis septembre. Une étude commandée par le gestionnaire Biac avait relevé les problèmes des habitants vivant sous la piste 02/20. Le ministre fédéral Renaat Landuyt l'avait balayée d'un revers de main. Aujourd'hui, une décision judiciaire dit la même chose. C'est un élément qui vient renforcer l'argumentation contre le plan Anciaux. J'aurais préféré qu'il n'y ait pas d'appel, mais M.Landuyt a décidé de le faire en son nom propre.

Que préconisez-vous à la place du planAnciaux?

Lors des discussions sur le dossier DHL, nous avons fait des propositions de révision du plan Anciaux. Elles visent notamment les quotas count, les routes et les types d'avions. Le but est d'abandonner la dispersion actuelle et de revenir à un plan qui tiendra compte de la densité de population, notamment à Bruxelles. Au-delà de la qualité de vie, c'est aussi une question de sécurité. Il y a des alternatives auxquelles on n'a jamais pensé, comme les décollages sur la piste parallèle 07 gauche (25R en sens inverse) vers Erps-Kwerps et Kortenberg, où il n'y a personne.

Pensez-vous que la Flandre doit revoir sa politique urbanistique autour de l'aéroport?

Oui, et elle est en train d'y réfléchir puisque le président de l'exécutif flamand, Yves Leterme, a lancé une table ronde sur l'avenir économique autour de l'aéroport. Ce n'est pas encore une logique d'aménagement du territoire. Par ailleurs, un débat économique autour de l'aéroport concerne Bruxelles, on doit donc être appelé à la table, ne fut-ce qu'en tant qu'observateurs et pour être écoutés.

Et les discussions en cours avec le cabinet Landuyt?

Un groupe de travail est mis en place et les experts des cabinets (fédéral, régions flamande et bruxelloise) travaillent sur différents éléments: l'utilisation des pistes, les types d'avions, le fonds d'isolation et l'autorité de contrôle indépendant. Aujourd'hui, tout le monde a envie de trouver une solution, ce qui est une avancée. Le plus gros problème de Bruxelles était de ne pas avoir été considérée dans les discussions jusqu'à présent.

Quid du cadastre du bruit?

Il y a une commission d'avis qui planche sur ce dossier. L'objectif est d'avoir des données chiffrées sur les 12 mois de l'année 2004. Nous espérons qu'il sera fait dans les 2 ou 3 premiers mois de 2005 et sur cette base, on pourra décider d'une révision définitive du plan Anciaux. En attendant la révision, une période transitoire de 6 mois n'est pas exclue, au cours de laquelle on pourrait corriger les aspects les plus dommageables pour les riverains. Mais je refuse de m'enfermer dans un calendrier qui ne dépend pas uniquement de moi.

© La Libre Belgique 2004