«Avocat dans l'école», c'est reparti!

N.Gh.

Effervescence, lundi matin, dans la classe de 6eprimaire de l'école Sainte-Famille de Watermael- Boitsfort, qui accueillait un visiteur particulier: non pas George Bush, retenu, par ailleurs, mais bien la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, venue y lancer l'édition 2005 de l'opération «Avocat dans l'école».

Pourquoi cette cape noire?

Une opération menée pour la 13efois d'affilée et à l'occasion de laquelle des avocats viennent expliquer les grands principes du droit et de la Justice à des élèves des classes terminales de l'enseignement primaire et secondaire. En 2004, près de 30000 élèves (20000 en primaire et 9000 en secondaire) ont ainsi été visités par des avocats, ravis de pouvoir rectifier l'image -tronquée- que peut parfois avoir la Justice auprès des jeunes. «Cette rencontre permet aux élèves de mieux comprendre les enjeux d'un procès, et de dissiper certains fantasmes véhiculés par des séries télévisées et écarter des appréciations trop catégoriques», précise Florence van de Putte, avocate et chargée de communication à l'Ordre des barreaux francophones et germanophone, principal organisateur de l'opération.

Mais au-delà de l'aspect théorique et des incontournables questions sur le droit et la Justice -«Pourquoi est-elle symbolisée par une balance?»; «L'avocat doit-il toujours dire la vérité?»; «Pourquoi les avocats sont-ils habillés avec une grande cape noire?»; «Pourquoi existe-t-il un appel contre un jugement?»...- l'intérêt majeur de l'opération réside assurément dans la seconde partie de la rencontre: la mise en scène d'un procès fictif dans lequel les jeunes pourront endosser le rôle de véritables acteurs de la Justice.

Assez naturellement, c'est sur le terrain pénal qu'ils pourront se mesurer, au départ d'un banal fait divers: un prévenu se retrouve devant le tribunal correctionnel, suspecté d'avoir fracturé une voiture et d'y avoir dérobé un GSM dans un sac. L'affaire est prise en main par les élèves qui ont un quart d'heure pour peaufiner les témoignages, et les plaidoiries (partie civile et défense) et même le réquisitoire du procureur du Roi.

Bons réflexes

L'occasion de constater que même à 11 ou 12 ans, certains réflexes sont déjà bien assimilés: «Ma cliente demande non seulement à être indemnisée pour le vol de son GSM et parce qu'on a cassé la vitre de sa voiture mais aussi et surtout parce qu'elle tenait beaucoup à son GSM: c'était un cadeau offert lors de la dernière Saint-Valentin et il lui était également indispensable pour travailler. Elle a donc perdu beaucoup d'argent suite à ce vol», demande ainsi l'avocat de la victime. De l'autre côté de la barre, la réponse est cinglante: «Comment le témoin peut-il identifier précisément le prévenu alors qu'il portait un casque de moto?», s'interroge le jeune avocat de la défense. Le mini-procureur du Roi, pour qui les faits sont établis -il décrète que les empreintes digitales du prévenu figurent sur le GSM volé-, demande quant à lui des travaux d'intérêt général -«Aller ramasser les papiers dans la forêt de Soignes.» Mais le collège des 3 juges ne le suit pas et acquitte le prévenu «au bénéfice du doute», faute de preuves suffisantes.

Rideau et rendez-vous pour les plus doués de ces juristes en herbe dans une bonne douzaine d'années dans de vrais prétoires, cette fois. Et du bon côté de la barre, on espère!

L'opération «Avocat dans l'école» se déroule jusqu'aux vacances de Pâques. Renseignements et inscriptions auprès de «La maison de l'avocat» (02.648.20.98) ou sur le site

Webhttp://www.avocatdanslecole.be

© La Libre Belgique 2005