Bourgmestre et président: volte-face

P.P.

Parmi d'autres pouvoirs, le bourgmestre préside l'assemblée d'élus censée contrôler l'exécutif: le Conseil communal. Sur papier, c'est exorbitant, puisque c'est le seul niveau de pouvoir où c'est le cas (imagine-t-on que le Premier ministre préside la Chambre?). Et dans la pratique, il arrive que des Conseils doivent à cette seule règle d'être bien malgré eux confinés au rôle de potiches, le maïeur ne se privant pas pour accorder et surtout couper la parole à sa guise...

Aussi, de divers milieux, municipalistes compris, on demande régulièrement la suppression de ce cumul, de manière à ce que la présidence du Conseil revienne à un élu ne faisant pas partie du collège des bourgmestre et échevins. D'ailleurs, l'accord du gouvernement wallon rouge-orange de juillet 2004 prévoyait explicitement la réforme. Et c'est bien aussi ce dont il fut question, jusqu'il y a peu, entre négociateurs PS et CDH.

Mais oups! les coalisés viennent de faire marche arrière: il n'est plus question de priver le bourgmestre de présidence. On suppose que quelques barons locaux auront fait forte résistance face à ce qui serait passé pour réduire leurs pouvoirs. Mais l'explication officielle sera tout autre: on change d'avis pour des raisons d'intendance. Car un Président de Conseil non bourgmestre aurait sans doute eu quelques prétentions salariales, d'avantages matériels, de secrétariat et autres. On n'a pas voulu donner l'impression de créer «un bidule» en plus. Et puis, lance-t-on dans la majorité, «franchement, faut-il introduire le formalisme parlementaire dans la vie communale?».

Les esprits PS-CDH se sont à ce point reconvertis au statu-quo là-dessus que l'idée de moduler le dispositif (en interdisant par exemple la présidence du Conseil aux bourgmestres des seules grosses villes) semble à peine les avoir effleurés.

© La Libre Belgique 2005