Le «plan antiradicalisme» est prêt

Au départ, le plan prévu par le Comité ministériel du renseignement et de la sécurité (CMRS) visait ceux des prédicateurs qui, dans les prêches des mosquées, se montrent porteurs de messages de haine. Il ne faut pas se leurrer: il en existe.

Roland Planchar

Au départ, le plan prévu par le Comité ministériel du renseignement et de la sécurité (CMRS) visait ceux des prédicateurs qui, dans les prêches des mosquées, se montrent porteurs de messages de haine. Il ne faut pas se leurrer: il en existe. Toutefois, afin de ne pas stigmatiser à mauvais escient une communauté en particulier et afin de se protéger de tous les dangers, d'où qu'ils viennent, le CMRS avait judicieusement élargi le champ d'action de ce plan, devenu «plan d'action contre le radicalisme» plutôt que «plan mosquées» comme il avait été informellement défini en 2002.

Pas de lacunes

Les ministres qui composent ce comité, le Premier Guy Verhofstadt (VLD) et les vice-Premiers Laurette Onkelinx (PS, Justice) et Patrick Dewael (VLD, Intérieur), ainsi qu'André Flahaut (PS) pour la Défense et Renaat Landuyt (SP.A) pour la Mobilité, visent donc désormais l'expression des idées fondamentalistes, racistes, extrémistes et même anarchistes.

Or, comme l'indiquaient dimanche nos confrères du «Het Nieuwsblad op zondag», ledit comité a -discrètement- approuvé ce plan le 25 mars dernier. On n'en connaît pas tous les détails, sécurité oblige, mais il est question de la surveillance des messages radicaux, de la TV aux radios en passant par Internet et y compris les prêches et pamphlets.

Sachant que le Collège du renseignement et de la sécurité (qui réunit pour sa part des représentants du secteur du transport, de la douane, de la police, des services de renseignement, etc.) est partie prenante, il est évident qu'il est également question de la sécurité du territoire ainsi que de la présence, sur celui-ci, d'éléments extrémistes.

On sait aussi que ce plan fait suite à un travail préparatoire du Groupe interforces antiterroriste (GIA), qui avait été chargé de faire le relevé de tous les instruments juridiques et opérationnels dont l'Etat dispose en cette matière, afin de voir si des lacunes subsisteraient. «Cela ne paraît pas être le cas», nous indiquait ce week-end Pascale Vandernacht, directrice de cabinet adjointe chez MmeOnkelinx.

Elle insiste sur le fait que tout cela résulte «d'une nouvelle approche gouvernementale véritablement volontariste contre le terrorisme et l'extrémisme», comme en témoignait l'ordre du jour dense du CMRS, consacré aussi à la sécurité dans les aéroports, sur le rail, etc.

Et l'Organe anti-menace?

Quid, à ce sujet de la création de l'OCAM, l'Organe de coordination et d'analyse de la menace, qui devrait, à terme, remplacer le GIA? «Il était également à l'ordre du jour, répond MmeVandernacht. Le projet de loi a déjà été approuvé par le conseil des ministres et Mme Onkelinx le soumet maintenant à la «Commission vie privée». Il sera ensuite dans les mains du Conseil d'Etat puis, enfin, au Parlement.»

Tout devrait être prêt avant les vacances parlementaires, estime-t-elle.

© La Libre Belgique 2005