Mesures provisoires pour Zaventem

Le gouvernement fédéral a avalisé lundi deux mesures provisoires concernant l'utilisation de la piste 02 de l'aéroport de Bruxelles-National. La décision prise, sur proposition du ministre de la Mobilité, Renaat Landuyt (SP.A), vise à éviter le paiement des astreintes (25000 euros par atterrissage en infraction avec un maximum de 1,250 million d'euros).

Ph.Law.
Mesures provisoires pour Zaventem
©Johanna de Tessières

Le gouvernement fédéral a avalisé lundi deux mesures provisoires concernant l'utilisation de la piste 02 de l'aéroport de Bruxelles-National. La décision prise, sur proposition du ministre de la Mobilité, Renaat Landuyt (SP.A), vise à éviter le paiement des astreintes (25000 euros par atterrissage en infraction avec un maximum de 1,250 million d'euros) décidé par le tribunal de première instance de Bruxelles (le 14/12/04) et confirmé (le 17/03/05) par la Cour d'appel de la capitale. Elles devraient pénaliser les autorités fédérales en cas d'utilisation préférentielle de la plus courte piste de Zaventem dès le 27 avril. «On a changé le plan de dispersion dans une bonne direction pour tout le monde et les mesures prises sont conformes à l'arrêt de la Cour d'appel de Bruxelles», a commenté Renaat Landuyt.

Concrètement, les nuits d'atterrissage (lundi, mercredi, vendredi) sur la piste 02 sont remplacées par des atterrissages en piste 20 (la piste 02 en sens inverse). Les atterrissages de ces jours se feront donc par le nord par Bonheiden, Zemst et Perk.

Mesures de vent inchangées

Par ailleurs, l'utilisation un samedi sur deux de ladite piste est également abandonnée. Dorénavant, tous les samedis, les avions décolleront des pistes 25R et 20 de 6 à 14h pour basculer de 14 à 23h (décollages de la piste 20 et atterrissage sur les pistes 25R et L). D'après le fédéral, la Cour d'appel n'a pas demandé de changer les normes de vent. Par conséquent, celles en vigueur depuis le 17 mars restent inchangées (7 noeuds de vent arrière pour les pistes parallèles 25/07).

Mais d'autres interprétations de l'arrêt de la Cour d'appel de Bruxelles vont dans un autre sens. D'après elles, à partir du moment où on demande au gouvernement de revenir à la situation d'avant le plan Anciaux, c'est-à-dire avant le 27 février 2004, il faut de facto revoir les normes de vent arrière et les porter à 10 noeuds.

Le cabinet de la ministre Onkelinx estime que les décisions de lundi sont des «mesures magiques » qui soulagent l'Oostrand (est de Bruxelles), le Noordrand (nord de la capitale) et Bruxelles. «La montagne a accouché d'une souris, tous nos week-ends seront foutus. Cette mauvaise décision ne répond toujours pas complètement à l'arrêt de la Cour d'appel, car ni les composantes de vent n'ont été réhaussées, ni le fallacieux système d'inversion des pistes n'a été retiré. Le Noordrand bénéficie toujours de 44 heures de repos total sur les 168 heures que compte une semaine de 7 jours, l'Oostrand gagne modestement 9 heures de repos et passe à 13 heures», dénonce l'Union belge contre les nuisances des avions (UBCNA). «On n'est pas satisfait, Bruxelles n'a toujours pas d'atterrissage et on vient en mettre sur Malines. Par ailleurs, le fédéral dit en avoir marre des procédures judiciaires: s'il avait fait de bonnes lois, il n'y en aurait pas eu», dit-on dans le Noordrand.

Renaat Landuyt s'est engagé à préparer un avant-projet de loi qui fixe la procédure d'analyse, la consultation et le processus décisionnel pour protéger les droits des riverains et garantir l'équilibre entre la qualité de vie des riverains et l'exploitation de l'aéroport. Du côté politique, le CDH «demande l'exécution intégrale de l'arrêt de la Cour d'appel».

© La Libre Belgique 2005