«Nous avons encore une semaine»

Johan Vande Lanotte, le ministre néerlandophone et SP.A des Réformes institutionnelles l'a prédit, averti, sinon menacé mardi soir, en fin de nouvelle réunion pour rien de la commission de l'Intérieur de la Chambre sur Bruxelles-Hal-Vilvorde: «Nous avons encore une semaine. Elle sera capitale pour la majorité, pour l'avenir de nos institutions et du pays.»

P.P. et V.d.W.
«Nous avons encore une semaine»
©BELGA

Johan Vande Lanotte, le ministre néerlandophone et SP.A des Réformes institutionnelles l'a prédit, averti, sinon menacé mardi soir, en fin de nouvelle réunion pour rien de la commission de l'Intérieur de la Chambre sur Bruxelles-Hal-Vilvorde: «Nous avons encore une semaine. Elle sera capitale pour la majorité, pour l'avenir de nos institutions et du pays.»

Dramatisation tactique? Sûrement, pour partie au moins. Part de vérité? Sans doute aussi, dans un climat politique que tout rend de plus en plus délétère. Ainsi de la vaine mais dure nouvelle négociation à 12, lundi soir; ainsi de rumeurs entretenues mardi matin au CD&V et même (c'est plus troublant) au SP.A, sur une présentation de démission au Roi de Guy Verhofstadt; ainsi de sondages d'intentions de vote circulant en interne au VLD et au SP.A qui font état de leurs très médiocres positions.

Humiliant

Autant les deux premières réunions nocturnes et secrètes à 12 libéraux/socialistes avaient laissé entrevoir des ébauches de compromis, autant les deux dernières, qui se sont tenues le jeudi 28 avril puis ce lundi 2, ont donc été particulièrement négatives, laissant un goût amer à tous les participants.

Pour des raisons qui tiennent sans doute à des stratégies internes à la Flandre, les partis du Nord de la majorité, le SP.A et le VLD, ont redoublé d'arrogance face à un MR et un PS qui sont restés de marbre. Qu'est-ce qui excite ainsi les partis flamands? Outre très généralement leurs erreurs tactiques dans ce dossier, la lutte pour le leadership politique au Nord, l'aiguillon des nationalistes pointus partout infiltrés, la hantise du Belang..., on citait hier ces sondages d'intention qui ne peuvent que tendre les rapports entre eux. Ici, la question est de savoir si les citoyens sondés sanctionnent les deux partis parce qu'ils se préoccupent trop du problème BHV ou parce qu'ils n'ont pas encore obtenu ce qu'ils ont déjà maintes fois promis. Sont-ils trop mous ou trop durs sur la question? Toujours est-il que les socialistes et libéraux flamands, sous le regard inquiet et quelque peu passif du Premier ministre, ont proposé des propositions de «compromis» totalement inacceptables par les francophones, en cas de scission.

La dernière en date?

Il y a donc 35 communes dans l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde dont les 6 communes à facilités (Rhode, Linkebeek, Kraainem, Wezembeek-Oppem, Drogenbos et Wemmel). Les partis flamands ont, le plus sérieusement du monde, proposé de scinder ces communes à facilités: 3 d'entre elles seraient englouties et ne disposeraient plus d'aucune facilité. Dans les trois autres, les francophones conserveraient quelques droits, mais en deçà de ce dont ils disposent aujourd'hui. Voilà le genre de concessions que les partis flamands sont prêts à offrir...

Ils continuent en fait à exiger une scission pure et simple et à ne consentir que des clopinettes pour des francophones qui n'ont, au départ, rien demandé. Les francophones se trouvent ainsi pris en otages dans une négociation qui tourne en eau de boudin. Quitte parfois à répliquer à même hauteur. Le ministre Vande Lanotte hier, toujours en commission: «Aujourd'hui, on ne se trouve pas dans la logique où on essaie de répondre à l'autre partie sans l'humilier...»

Comment la situation va-t-elle évoluer? Soit le gouvernement dégage, d'ici huit jours, un accord cadre qui marque le début de vraies négociations. Soit il n'y a pas d'accord et cette fois, ce pourrait être la crise. La vraie, dans toute sa splendeur, même si elle ne pourra pas se concrétiser à court terme par un appel anticipé aux urnes.

Après de nouveaux contacts, une nouvelle réunion devrait avoir lieu au cours du week-end prochain. Le temps de laisser les esprits s'apaiser quelque peu?

© La Libre Belgique 2005