Anti-douleurs et anti-inflammatoires sur la sellette

(Belga)

L'ibuprofen et le diclofenac, des anti-douleurs et anti-inflammatoires couramment utilisés, peuvent augmenter le risque d'être victime d'une crise cardiaque, selon une étude menée à grande échelle par l'Université de Nottingham et publiée dans le «British Medical Journal».

On peut retrouver ces deux médicaments sur le marché belge, notamment sous la marque Voltaren et Cataflam (Novartis) et Nurofen (Boots Healthcare).

Les chercheurs anglais ont observé entre 2000 et 2004 plus de neuf mille personnes qui avaient eu pour la première fois une crise cardiaque, ainsi qu'un groupe de contrôle composé, lui, de plus de 86000 personnes.

Il est ressorti de leurs observations que les personnes qui prenaient de l'ibuprofen avaient 24pc de risques en plus d'être victimes d'une crise cardiaque et que celles qui prenaient du diclofenac voyaient le risque de subir une attaque augmenter de 55pc.

Les anti-douleurs suscitent la méfiance depuis la décision prise par la société Merck & Co le 30 septembre 2004 de retirer du marché son anti-douleur Vioxx, car des études avaient montré qu'ils augmentaient les risques de crise cardiaque.

En ce qui concerne le Vioxx, une étude menée sur 695 personnes âgées de 65 ans et plus montrait que la prise de ce médicament augmentait d'une personne le nombre de personnes victimes d'une crise cardiaque en temps normal.

Pour le diclofenac cela représente une personne sur 521 et pour l'ibuprofen une sur 1005.

Mais les chercheurs précisent que les résultats doivent encore faire l'objet de confirmations plus approfondies et que les patients ne doivent pas directement cesser de prendre ces médicaments.

«L'ibuprofen et le diclofenac appartiennent, tout comme le Vioxx, à la catégorie des NSAIDS, ou «anti-inflammatoires non stéroïdiens», a expliqué Xavier Phiriard, responsable de la communication chez Novartis. «Tous les NSAIDS agissent sur les reins. C'est pourquoi peut se produire à long terme de la rétention urinaire, avec comme conséquence une augmentation de la volémie (la masse sanguine totale, NdlR) et une tension artérielle élevée, ce qui augmente ensuite le risque de crise cardiaque», a-t-il expliqué.

«Mais cet effet secondaire n'apparaît qu'après 18 mois. Il est donc important de n'utiliser les anti-douleurs que pour une courte période, au maximum pendant dix-huit mois. Le Cataflam par exemple peut seulement être utilisé pendant sept jours et cette indication se trouve sur la notice», précise-t-il, ajoutant que selon lui le retrait du marché de ces médicaments n'est pas nécessaire et que Merck, en son temps, a décidé trop rapidement de retirer le Vioxx du marché.

© La Libre Belgique 2005