Les riverains réclament 24 millions d'euros d'astreintes

Les riverains de la périphérie est de l'aéroport de Bruxelles National ont décidé d'exiger le paiement d'astreintes à l'Etat belge pour les 960 infractions qu'ils disent avoir fait relever par voie d'huissier depuis la mise en oeuvre de la décision de la Cour d'appel de Bruxelles du 18 mars dernier.

AFP
Les riverains réclament 24 millions d'euros d'astreintes
©Johanna de Tessières

Les riverains de la périphérie est de l'aéroport de Bruxelles National ont décidé d'exiger le paiement d'astreintes à l'Etat belge pour les 960 infractions qu'ils disent avoir fait relever par voie d'huissier depuis la mise en oeuvre de la décision de la Cour d'appel de Bruxelles du 18 mars dernier.

Cela représente au total 24 millions d'euros. La Cour d'appel avait jugé illicite, abusive et dangereuse l'utilisation intensive de la courte piste 02/20 pour les décollages et atterrissages provenant et à destination de l'aéroport. Elle avait donné raison à 67 riverains des communes de Crainhem, Wezembeek-Oppem et Woluwe-Saint-Pierre qui demandaient qu'il y soit mis un terme.

Cette piste secondaire théoriquement de secours n'est pas orientée dans le sens des vents d'ouest dominants, elle est plus courte que les autres, elle est nettement moins bien équipée (pas de guidage ILS pour les atterrissages), et elle survole en phase finale d'atterrissage des quartiers densément peuplés.

Dans son arrêt du 17 mars 2005, la Cour a reconnu qu'avant 2004, cette piste 02 n'était utilisée qu'en cas de vents forts d'est et de nord-est (10 et même 12 noeuds) et en cas d'indisponibilité des pistes principales pour cause de travaux. Cette exigence de sécurité avait pour corollaire une utilisation intensive des pistes 25.

Ces deux pistes 25 ont les caractéristiques de pistes principales (plus longues, plates, face aux vents dominants).

La Cour d'appel avait ordonné la cessation provisoire de l'utilisation préférentielle de la piste 02 telle qu'elle résultait de toutes les mesures adoptées dans le cadre du Plan Anciaux: utilisation 3 nuits par semaine et un samedi sur deux d'office, utilisation en «renversement » lorsque la piste 20 ne peut être utilisée préférentiellement pour les décollages suite à un vent arrière trop important, utilisation suite à la diminution des valeurs de composantes de vent de 10 à 5 noeuds sur la piste principale 25.

Rappelant vendredi que l'Etat avait été condamné à payer des astreintes de 25.000 euros par mouvement d'atterrissage constaté en infraction aux mesures provisoires ordonnées, les riverains ont précisé qu'un commandement avait été signifié vendredi au ministre de la Mobilité, Renaat Landuyt.

D'après eux, l'Etat belge n'applique toujours pas à la lettre l'arrêt de la Cour, la piste 02 ayant été mise en service à de nombreuses reprises sans justification de vent important.

Soulignant vendredi qu'ils avaient toujours espéré que la raison l'emporterait, ils se sont dit dans l'obligation de faire valoir leurs droits aux astreintes, «puisque rien que pour la période comprise entre le 27 avril 2005 et le 18 juin 2005, pas moins de 960 infractions ont été constatées par huissier, essentiellement pendant la nuit ou le week-end ».