Accueil mitigé des partenaires sociaux

A lire les réactions des fédérations patronales, on en déduit que le plan d'«actions prioritaires pour l'avenir wallon», présenté mardi par l'exécutif wallon répond à nombre d'attentes des patrons. «Le plan est sélectif et est doté de moyens importants, ce sont 2 demandes formulées à de nombreuses reprises par l'UWE», écrit l'Union wallonne des entreprises qui invite la Communauté française et le fédéral à contribuer à la réussite du plan.

Ph.Law.

A lire les réactions des fédérations patronales, on en déduit que le plan d'«actions prioritaires pour l'avenir wallon», présenté mardi par l'exécutif wallon répond à nombre d'attentes des patrons. «Le plan est sélectif et est doté de moyens importants, ce sont 2 demandes formulées à de nombreuses reprises par l'UWE», écrit l'Union wallonne des entreprises qui invite la Communauté française et le fédéral à contribuer à la réussite du plan.

Dans sa démarche, la Région wallonne a notamment décidé de créer 5 pôles de compétitivités («LLB» du 31/08) et d'alléger la fiscalité des entreprises (dans des zones franches). Un soutien accru sera aussi apporté à l'innovation et à la recherche. Le plan veut stimuler l'activité économique et créer de l'emploi. Pour ce faire, la Région a dégagé 1,4 milliard d'euros. «Le plan a le mérite d'aborder quelques tabous (fiscalité locale, sous-régionalisme, saupoudrage, etc.). Agoria-Wallonie se réjouit des priorités retenues: plusieurs volets concernent les secteurs et les membres de la fédération», renchérit l'aile wallonne d'Agoria, la fédération multisectorielle de l'industrie technologique qui suggère de ne pas fermer la porte à l'émergence d'autres pôles. Elle entend s'impliquer dans le plan dont le succès, dit-elle, se mesurera à l'aune des résultats concrets.

La FEB soutient le plan wallon, mais estime qu' «un suivi méticuleux et une correction là où il faut sont indispensables». La branche wallonne de Fedichem, la fédération de l'industrie chimique se dit prête à participer à la concentration des forces en Wallonie. Mais «le secteur s'interroge sur le financement à long terme de ce plan. Il regrette aussi la timidité des réformes visant à une véritable réduction des dépenses structurelles des entités administratives de la Région», écrit Bernard Broze, administrateur délégué de Fedichem Wallonie.

Vigilance des syndicats

Le monde syndical se montre favorable au plan vu les moyens dégagés et la définition de priorités claires. Mais il émet des réserves.

«Le milliard d'euros n'est pas encore sur la table. Nous sommes prêts à jouer le jeu, mais pour autant que les engagements pris par le passé soient respectés. En matière de modération salariale, le privé ne dépend pas de l'exécutif wallon, nous avons signé des conventions collectives et qu'on ne nous demande pas d'en faire plus, vu l'augmentation du coût de la vie. En ce qui concerne le climat social, on ne peut pas exiger des travailleurs d'être calmes quand une entreprise délocalise ses activités dans un autre pays pour augmenter ses bénéfices», répond Raymond Coumont, président de la CSC-wallonne.

La FGTB refuse de signer un blanc-seing à la Région. «Le plan est une bonne chose, mais nous regrettons l'absence du non-marchand. On a maintenant raclé les fonds de tiroirs, où va-t-on trouver de l'argent pour les autres secteurs (construction, verrerie...)? Nous serons vigilants, car nous voulons être associés à la création des pôles de compétitivité, à l'élaboration des projets et aux évaluations pour voir s'ils vont mener à la création d'emplois», conclut Claude Vandermeeren, secrétaire général de la FGTB wallonne.

© La Libre Belgique 2005