Isabelle Minsier: «Les jeunes socialistes sont gênés et honteux...»

La présidente de la fédération des jeunes socialistes de Charleroi ne veut plus voir les «Dalton».

FRANCIS VAN de WOESTYNE

Isabelle Minsier préside la fédération des jeunes socialistes de Charleroi. Elle ne mâche pas ses mots.

Comment jugez-vous les trois échevins?

Nous, jeunes socialistes, nous sommes gênés de ce qui se passe. Lorsque nous sortons, que nous prenons un verre, nous nous faisons interpeller. Ce n'est déjà pas facile d'être jeune et de faire de la politique. Mais là, vraiment, on est honteux. Surtout par rapport à ces gens qui vivent dans les logements sociaux.

Vous avez plaidé pour leur démission depuis le début de l'affaire.

Oui, bien sûr. Et cela n'est pas facile. Car vous savez: Charleroi... cela reste Charleroi. Les trois échevins, les trois «Dalton» comme nous les appelons, sont quand même soutenus par certaines personnes. Des gens à qui ils ont rendu des services. Des gens qui travaillent pour eux. Lors des réunions de l'Union socialiste communale, ces gens n'osent pas prendre la parole. Les jeunes se jettent à l'eau, car ils n'ont rien à perdre.

S'ils ont accepté de démissionner de «La Carolo», c'est, j'imagine, parce qu'ils ont des choses à se reprocher, même si nous faisons une distinction entre le champ politique et le champ judiciaire. Mais de toute façon, nous pensons qu'ils doivent quitter tous leurs mandats: pas seulement à «La Carolo» et au collège mais aussi les mandats qui sont liés à ce poste, rémunérés ou non. Et nous voulons qu'ils démissionnent de toutes les instances du PS. Nous demandons aussi qu'ils ne se représentent pas lors des prochaines élections communales, sauf si le pouvoir judiciaire les blanchit.

Le PS de Charleroi est-il malade?

La mise a l'écart de ces trois personnes est une première étape. Cela pourrait faire un exemple. Cela dit, je pense qu'il faut revoir toute la structure politique du PS à Charleroi. Des choses ont été faites, mais c'est insuffisant. Il faut plus de démocratie interne, plus de transparence. Nous, on est jeunes. On est arrivé au moment où le PS a commencé à se renouveler. Au niveau national, cela bouge. A Charleroi, cela commence. Moi, j'avais l'impression que l'image de Charleroi était en train d'évoluer dans le bon sens. Mais là, avec cette histoire...

Que voulez-vous dire?

Cette histoire-là... Beaucoup de gens la connaissaient. D'autres personnes savent d'autres choses. Vous savez, plus rien ne m'étonne. Maintenant, les gens parlent et disent: là-bas ceci, là-bas cela... Pour s'en sortir, il faut changer les structures. Seul, le bourgmestre ne peut pas grand-chose. Ces trois échevins sont remplaçables. Des gens bien, il y en a.

Les élections communales ont lieu dans un an. Vous ne craignez pas que cette histoire profite à l'extrême droite?

La situation est préjudiciable pour le PS et pas seulement à Charleroi. C'est le parti tout entier qui est mis à mal. Ce qui me fait peur, c'est que cela profite à l'extrême droite. Il est déjà difficile d'intéresser les jeunes à la politique et de leur dire: investis-toi, travaille pour le bien de ta cité... Ceci ne va pas nous aider!

© La Libre Belgique 2005