La galaxie du trio, rémunéré ou non

Les récentes obligations légales en matière de publication des mandats ont mis un terme à certaines pudeurs. Elles ne les ont cependant pas toutes gommées. Il n'est pourtant pas inutile de se pencher sur les mandats que détiennent les trois échevins dont il est beaucoup question, ces dernières semaines à Charleroi.

P.M.K.

Les récentes obligations légales en matière de publication des mandats ont mis un terme à certaines pudeurs. Elles ne les ont cependant pas toutes gommées. Il n'est pourtant pas inutile de se pencher sur les mandats que détiennent les trois échevins dont il est beaucoup question, ces dernières semaines à Charleroi.

Claude Despiegeleer est, on le sait, échevin des Sports, des Bâtiments et de la Régie foncière, un mandat évidemment rémunéré. Il est également président rémunéré du Port autonome, même si, en 2004, il n'y apparaît que comme simple administrateur. Administrateur de l'intercommunale de télédistribution Brutélé, il siège aussi à l'intercommunale de développement économique Igretec, où on le trouve encore comme membre du Comité de direction; on le voit également dans le conseil d'administration de l'Intercommunale de Santé publique du Pays de Charleroi (ISPPC, qui a pris la place de l'IOS), mandat lui aussi rémunéré. Il exerce encore d'autres mandats, dont la vérité oblige à dire qu'ils sont gratuits: Airesports 2001, Communauté urbaine du Pays de Charleroi, Parc des Sports, Marcinelle en Montagne, la Régie communale autonome,... Au total, une quinzaine de mandats divers. Ou encore l'asbl L'Ecrin, qui apparaît dans l'audit de «La Carolorégienne» comme subsidiée par celle-ci. Et ajoutons que Claude Despiegeleer, en un sursaut de modestie, se présente comme un simple administrateur de cette «Carolorégienne» dont il est cependant administrateur-délégué, ce qui modifie quelque peu la donne financière de la fonction...

Et André Liesse? On le trouve à la vice-présidence du conseil d'administration de Electrhainaut, mandat hautement rémunéré. Il est administrateur à titre gratuit de l'Agence immobilière sociale Charleroi Logement, de l'Organisation de Coordination et d'Action du logement social de Charleroi, du Parc des Sports, de la Régie communale autonome, du Palais des Expositions, et de plusieurs autres ASBL. S'il affiche qu'il est bien président de «La Carolorégienne» en avouant qu'il s'agit d'un mandat rémunéré, il dit, dans le même temps, que sa présidence du conseil d'administration de la SA Béton Liesse et sa fonction d'administrateur-gérant de la SPRL Liesse, fournisseur en matériaux divers de «La Carolorégienne» sont des mandats gratuits, à la même enseigne que ses présidences de régies de quartier.

Dernier membre de ce trio, Serge Van Bergen avoue quelques mandats rémunérés: outre celui d'échevin, une lucrative vice-présidence du comité de direction de l'Intercommunale d'Electricité du Hainaut, un mandat d'administrateur à l'Intercommunale de Santé publique de Charleroi, la vice-présidence de «La Carolorégienne» ramenée à l'en croire au rang de membre du conseil, administrateur encore chez Intermixt et au «Logis moderne», ainsi qu'au palais des Beaux-Arts de Charleroi et à la «Maison ouvrière». On y ajoutera douze autres mandats gratuits, dont huit de président.

De quoi remplir, on le voit, l'agenda d'un mandataire public. Ultime sursaut de pudeur: il n'est pas possible, à l'heure actuelle, de chiffrer la hauteur des émoluments produits par ces divers mandats.

© La Libre Belgique 2005