Le VLD reprend des forces

Ce n'était plus arrivé depuis septembre 2003, le VLD reprend des couleurs, affichant même la plus forte progression des partis flamands: 1,3pc, à 18,4pc.

Depuis leur score historique de 24,2pc aux législatives de mai 2003, les libéraux flamands n'ont pas arrêté d'essuyer des vents contraires. Il y a d'abord eu le psychodrame du droit de vote des immigrés (culminant avec la mise à l'écart de Karel De Gucht). Il y a eu les dissidences diverses (et le départ en février dernier de Hugo Coveliers). Il y a maintenant le fonctionnement chaotique du gouvernement fédéral, imputé, à tort ou à raison, avant tout au VLD, et à Guy Verhofstadt.

Lors des élections régionales de juin 2004, VLD/Vivant n'affichait plus que 19,8pc. Et lors de notre baromètre de juin dernier, 17,1pc, soit près de 10pc de moins que le cartel CD&V/N-VA: un score pour le moins inquiétant pour un parti de Premier ministre.

Le VLD remonte. Est-il enfin tiré d'affaire? Au sein du parti, les tensions sont certainement, sinon retombées, du moins nettement moins visibles sur la place publique. Mais l'avenir immédiat du VLD reste largement lié à celui de Guy Verhofstadt et de son gouvernement fédéral. Et d'autre part, si les dissidences se sont faites plus discrètes, le score impressionnant de Jean-Marie Dedecker (cf. infra) prouve que la bataille de la cohésion interne est encore loin d'être gagnée.

Effet Stevaert à rebours

SP.A et Spirit marquent quelque peu le pas: à 19,9pc, ils reculent de 1,5pc, retrouvant à peu de choses près leur score des régionales de l'année passée. Difficile de voir autre chose dans ce recul qu'un effet du départ subit de Steve Stevaert. A la surprise de tous, le président du SP.A, très populaire, avec son charisme atypique, a choisi en mai dernier, de quitter la politique nationale pour devenir gouverneur du Limbourg. Mais à terme, la relève semble assurée: c'est Johan Vande Lanotte qui reprendra le flambeau le mois prochain, ce qui constituera certainement plus un problème pour le gouvernement fédéral que pour le SP.A.

Cela dit, la progression de 1pc des verts flamands de Groen! pourrait bien expliquer où sont passées les voix perdues des socialistes. A 6,9pc, les verts sont à nouveau bien au-dessus du seuil des 5pc. Privés de députés et de sénateurs depuis 2003, ils doivent être l'un des rares partis à espérer, dès que possible, des élections anticipées.

Le cartel CD&V/N-VA reste le premier en Flandre avec 26,8pc d'intentions de vote, un score pratiquement équivalent à celui d'il y a trois mois (+0,1pc). La cote de popularité d'Yves Leterme, mais surtout l'indice de confiance de son gouvernement régional, marquent cependant quelque peu le pas.

Enfin, à 26,1pc, le Vlaams Belang atteint un nouveau plafond (+0,4pc). La pression sur les autres partis continue à s'accroître, à un peu plus d'un an des prochaines élections communales.

© La Libre Belgique 2005