Pas de grand effet Marshall

Jean-Claude Van Cauwenberghe l'avait prédit, en juillet: la rentrée politique serait «wallonnissime». Voilà au moins ce que personne ne saurait lui contester. C'est dès le 30 août que le gouvernement wallon fut assez futé pour débouler avec son «plan Marshall» à l'appellation aussi incontrôlée qu'irrésistible. Revivez la semaine en images

Pas de grand effet Marshall
©BELGA

Jean-Claude Van Cauwenberghe l'avait prédit, en juillet: la rentrée politique serait «wallonnissime». Voilà au moins ce que personne ne saurait lui contester. C'est dès le 30 août que le gouvernement wallon fut assez futé pour débouler avec son «plan Marshall» à l'appellation aussi incontrôlée qu'irrésistible. Alors que le fédéral ne montera en puissance qu'en octobre et alors que la visibilité des autres exécutifs reste en retrait, sinon énigmatique, Van Cau II n'allait pas quitter depuis l'actualité. Serait-ce parfois «à l'insu de son plein gré», telle vignette ou telle «Carolo» venant brouiller les clichés de sérieux wallon et les labels de PS rénové - les uns et les autres se trouvant tant liés - que ledit plan affiche ou affichait... Encore faut-il prévenir: les deux affaires n'ont surgi et surpris qu'en toute fin de réalisation du sondage, sans pouvoir peser sur ses résultats.

Bref, ce «baromètre» automnal était d'abord celui du plan Marshall. Quel en a donc été l'impact chez nos chers sondés? La réponse tient dans les trois lettres qui forment le mot: bof! Sauf une percée personnelle mais isolée de son ministre-Président (ci-contre), l'opération n'aura eu pour effet que de diminuer la masse d'indécis à l'adresse du gouvernement wallon, de 43 à 36pc. C'est déjà ça: on y trouve à s'exprimer. Mais hélas pour Van Cau II, le recul des «sans opinion» grossit davantage les opinions méfiantes (+4pc, jusqu'à 38pc) que les opinions confiantes (+3pc, à hauteur de 26pc). Est-ce le plan qui ne convainc pas assez? Ou ne croit-on guère en la capacité de ses auteurs à le mener à bien? Le fait est: tant d'efforts et d'effets ne sont pas (pas encore?) probants!

Pour le reste, Verhofstadt II poursuit son érosion: la confiance dont on le crédite (-2pc) n'a jamais été aussi basse depuis son installation à la mi-2003, et la méfiance qu'il inspire (+2pc) n'a jamais été aussi élevée. Pas de quoi s'étonner, s'agissant d'une coalition fédérale dont on se demande « comment restent-ils encore ensemble?» - pour reprendre une récente manchette de «La Libre» qui n'est pas passé inaperçue dans la petite classe politique... Mais c'est en Flandre que la confiance s'est le plus égarée d'un trimestre à l'autre: le gouvernement Leterme perd 5 points après deux précédents baromètres, il est vrai porteurs. De sorte que, le gouvernement de la Communauté française restant au ras du plancher, le gouvernement bruxellois redevient le seul à bénéficier d'une balance positive entre confiance et méfiance, même si la première continue à s'effriter. Bref, y a du boulot!

© La Libre Belgique 2005


LA FICHE TECHNIQUE DE NOTRE SONDAGECe «baromètre» automnal a été réalisé, en face à face, du 5 au 15 septembre 2005, par Ipsos, auprès d'un échantillon de 2.000 Belges âgés de 18 ans et plus, à raison de 750 sondés en Région wallonne, 500 dans les dix-neuf communes de la Région de Bruxelles-Capitale, et 750 en Région flamande. Il s'agit du cinquième «baromètre» réalisé depuis les élections régionales de juin 2004. On notera que la collecte des données s'est terminée juste avant «l'emballement» de l'affaire de «La Carolorégienne». La marge d'erreur sur l'échantillon total et une observation de 50pc est de 2,25pc. Affiliations: Esomar, Febelmar. 91pc des sondés ont accepté de répondre. Ils étaient 92pc en juin dernier. Les «abstentionnistes» sont plus nombreux en Wallonie (11pc) qu'à Bruxelles (9pc) et en Flandre (6pc seulement). Sondage réalisé sous la direction de Jean-Pol Thiebaut. Rédaction: Pierre Gilissen, Paul Piret, Pascal Sac. Infographies: Nadia M'Rabet. Illustrations: Clou.