Van Cau reprend les commandes...

Ovations debout à l'arrivée, avec un quart d'heure d'un retard soigneusement étudié, ovation debout en conclusion, et des applaudissements qui marquent bien les envolées : Jean-Claude Van Cauwenberghe a scellé, mercredi soir à Fleurus, son retour dans ses terres devant une foule conquise d'avance de huit cents militants réunis en congrès fédéral à Fleurus.

Philippe Mac Kay
Van Cau reprend les commandes...
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Ovations debout à l'arrivée, avec un quart d'heure d'un retard soigneusement étudié, ovation debout en conclusion, et des applaudissements qui marquent bien les envolées : Jean-Claude Van Cauwenberghe a scellé, mercredi soir à Fleurus, son retour dans ses terres devant une foule conquise d'avance de huit cents militants réunis en congrès fédéral à Fleurus. Un retour en forme de relance, et de réaffirmation : il entend bien, revenu à Charleroi, redevenir le leader incontestable du PS, après le séisme qui a secoué le parti.

Mais tout d'abord, les causes de sa démission de ministre-Président de la Région wallonne. Elles ont été multiples, à commencer évidemment par «les choses inacceptables» qui se sont passées à Charleroi: une démission rapide, a-t-il dit, constituait un moyen percutant de commencer à laver l'honneur terni du socialisme carolo. Et puis ce qu'il a appelé le «soutien discret de son parti», sa frilosité, ce «parti qui n'a pas fait bloc derrière lui». Et encore les activités de son cabinet d'avocat auprès de «La Carolorégienne». Autant d'éléments qui lui auraient paru anodins, mais qui ont «nourri une campagne médiatique d'une rare férocité».

Car à entendre Van Cau, hier soir, c'est bien ce qui a motivé son départ, ce qui faisait qu'il ne lui était plus possible de faire quoi que ce soit pour «porter l'étendard wallon», dans le même temps où toutes les questions qu'on lui posait avaient trait à «l'affaire». «J'ai su», a-t-il dit, «que le meilleur service que je pouvais rendre à mon parti et à la Wallonie était de m'effacer.» Une explication, puis une défense aussi: était-il anormal qu'il reste avocat, quitte à ne plus plaider, lui qui n'est jamais intervenu, via le cabinet Van Cau-Lemal, dans un dossier ayant trait à la Ville ou à la Région ?

Quant à la «Carolorégienne», l'ex-Premier wallon a consenti un aveu : il n'y a pas eu, au sein des organes de gestion de «La Carolo» suffisamment d'esprit d'ouverture, puisque tous les dirigeants étaient socialistes. Cette ouverture qui va se pratiquer désormais, il aurait fallu la réaliser plus tôt, a reconnu Van Cau. Cela dit, il a rejeté l'image globalement négative dont souffrirait le PS, au lendemain de cette affaire: pas question d'accepter une critique globale en raison des erreurs de quelques-uns, pas de cours de morale donnant à penser que le PS de Charleroi abriterait un système différent de ce qui se passe à Liège ou à Bruxelles. Pas davantage question d'admettre l'image d'une «nébuleuse Van Cau», alors qu'il s'est, dit-il, entouré d'amis «aux qualités professionnelles incontestées». Voilà pour le passé immédiat.

Ce décor-là posé, Jean- Claude Van Cauwenberghe y est allé d'un message d'avenir: il entend reprendre la tête du combat socialiste dans la région; il va mener la contre-offensive d'ici les élections communales; il veut, revenu de Namur, travailler comme avant au redéploiement économique de la région de Charleroi. Et ce n'est pas parce qu'il n'est plus à Namur «qu'on va s'asseoir sur les dossiers de Charleroi». Voilà qui est dit, et qui sera fait, qu'il s'agisse des friches industrielles à supprimer, des universités et des pôles de formation à renforcer, des pôles de compétitivité.

Pas plus qu'il n'a oublié Charleroi en se trouvant à l'Elysette, Van Cau n'oubliera le combat pour la Wallonie tout entière, maintenant qu'il est revenu à Charleroi: qu'on se le dise, on n'a pas «fini d'entendre sa voix de régionaliste».

Et puis le final, et l'appel à l'unité et à la fraternité: s'il existe de bonnes raisons de se déchirer, il faut en trouver de meilleures encore de repartir unis derrière les mêmes valeurs. Et la salle, debout, a longuement applaudi, encore et encore...

© La Libre Belgique 2005