2006, 4e au hit-parade de la douceur

J.-C. M. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Voilà un document tout chaud, si l'on ose dire. Marc Vandiepenbeeck, climatologue à l'Institut royal météorologique, vient de dresser le bilan de l'année climatologique, entamée le 1er décembre 2005 (début de l'hiver) et conclue le 30 novembre 2006 (fin de l'automne). Conclusion principale ? Une fois de plus, la douceur était au rendez-vous. L'année occupe la 4e place de ce point de vue et elle a collectionné un nombre impressionnant de records.

Le plus spectaculaire est tout... frais, si l'on ose toujours dire. Il a été établi par l'automne, exceptionnellement doux, au point que les paramètres statistiques donnent une période de retour supérieure à... 500 ans.

Le mois de septembre le plus chaud depuis qu'existent des observations à Uccle (1833) avec une température moyenne de 18,4° (la normale est de 14,6°), un mois d'octobre classé 2e au hit-parade, avec 14,2° (normale, 10,4°) et un mois de novembre classé 4e (9,1°de moyenne alors que la normale est de 6,1°). Il n'en fallait pas davantage pour crever tous les plafonds.

A l'arrivée, une température moyenne pour la saison de 13,9°. Tout à fait spectaculaire est l'excès (1,6°) par rapport au record précédent, qui date de... 2005.

La période automnale se caractérise aussi par un déficit global des précipitations : 137,1 mm pour une normale de 208,9. C'est surtout dû à la pénurie exceptionnelle observée en septembre (9,2 mm contre une normale de 69,8). L'excès d'insolation, lui, fut limité : 22 h à peine.

Mais reprenons les choses à leur début : l'hiver (décembre-février) a été plutôt frais. Du point de vue des précipitations, le mois de janvier a été marqué par un déficit important. La durée d'ensoleillement fut normale malgré un déficit record en février (29h55 alors que la normale est de 73 h).

Le printemps (mars-mai) fut relativement sec et sombre, les conditions hivernales se prolongeant jusqu'au début de la troisième décade de mars. Dans l'ensemble, cette saison a été anormalement déficitaire en pluies. Seul mai a été bien arrosé. Avec 391h de soleil (normale, 477), l'insolation fut également anormalement pauvre.

Juillet, août : le contraste

L'été (juin-août) fut, quant à lui, caractérisé par un excès "exceptionnel" de la température. La part prise par le mois de juillet est évidemment prépondérante. Uccle a connu entre le 10 et le 30 une vague de chaleur. Une autre s'était produite du 9 au 13 juin. Le 6e mois de l'année a été, lui aussi, très anormalement chaud, au contraire d'un mois d'août normal.

Les précipitations, pourtant peu fréquentes, ont été légèrement supérieures à la normale. En août, il est tombé 202,3 mm d'eau (normale, 74,4), ce qui en a fait le 2e mois d'août le plus pluvieux de l'histoire, après 1996. Juillet fut très ensoleillé (une 2e place avec 308h40) mais août fut sombre comme jamais (94h30, la normale étant de 188). Le contraste fut donc saisissant. Il le fut aussi sur le terrain des températures, la perte étant de 6,7°.

Au total, la température moyenne de 2006 est de 11,2° (4e place ex aequo depuis 1833). Remarque : les 5 années les plus chaudes (le record appartient à 1989, avec 11,4°) sont comprises entre 1989 et 2006, ce qui illustre le réchauffement climatique.

Sur le plan des précipitations et de l'ensoleillement, en dépit des sous-records mentionnés, la situation est jugée normale : il est tombé 793,4 litres par mètre carré pour une normale de 780,1 litres; le soleil a brillé 1564 heures durant, pour une normale de 1555 heures.

J.-C. M.

A lire également

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

  1. 1
    Deux universités belges dans le top 100 des meilleures du monde

    Harvard, en tête pour la 17e année consécutive, et les universités américaines continuent de dominer le classement de Shanghai publié jeudi, avec huit places dans le top 10. L'Université de Gand (UGent), première institution universitaire belge, ...

  2. 2
    Analyse
    Qui sera le prochain Premier ministre? Un favori se dégage parmi les possibilités

    L’accession au 16 rue de la Loi fait-elle toujours figure de Saint Graal ? Le pays n’est pas démuni en grands formats politiques : Paul Magnette (PS), Elio Di Rupo (PS), Charles Michel (MR), Didier Reynders (MR), Bart De Wever (N-VA), Kris Peeters (CD&V) ou encore Jan Jambon (N-VA). La probabilité est pourtant forte qu’aucun n’accède au poste de Premier ministre. Charles Michel a été propulsé à la présidence du Conseil européen. Jan Jambon s’est vu offrir la ministre-présidence flamande sur un plateau. Bart De Wever lui-même ne semble guère désireux d’enfiler ce costume. Qui, alors ? (...)

  3. 3
    Formation flamande: l'interdiction des chaudières au mazout ou au gaz naturel remise sur la table

    La N-VA veut améliorer la qualité de l'air grâce à une "suppression par phases des systèmes de chauffage polluants". Les chaudières au mazout ne devraient plus être installées dans les maisons neuves, peut-on lire dans la note de base pour la ...

  4. 4
    Ce qu’il se passerait si on revotait

    Un scénario crédible pour les spécialistes, qui favoriserait le Vlaams Belang.

  5. 5
    L'église Notre-Dame de Cortil-Noirmont dans la province du Brabant wallon, le 8 août 2019. Analyse
    Les raisons du grand blues de l'Église de Belgique

    Tout au long de cette semaine La Libre interroge l’avenir de l’Église belge, alors qu’elle cherche à assumer le tournant, toujours plus serré, de la sécularisation. Ce lundi, nous consacrons un “grand angle” à un vaste diaporama de la ...

cover-ci

Cover-PM

Facebook