Députés et tourtereaux

Quel tremblement de terre! La presse flamande a consacré des pages «Une», des photos géantes, des analyses et des éditos à l'affaire du jour: la relation amoureuse entre le député libéral flamand et ancien ministre Rik Daems (46 ans) et la députée socialiste wallonne de Manage, Sophie Pécriaux (38 ans). Si l'affaire secoue à ce point le landerneau politique et médiatique, c'est bien parce que le Nord du pays a tendance à juger l'idylle un peu contre nature et qu'elle y voit, désormais, un problème politique.

V.d.W.
Députés et tourtereaux
©Johanna de Tessières

Quel tremblement de terre! La presse flamande a consacré des pages «Une», des photos géantes, des analyses et des éditos à l'affaire du jour: la relation amoureuse entre le député libéral flamand et ancien ministre Rik Daems (46 ans) et la députée socialiste wallonne de Manage, Sophie Pécriaux (38 ans). Si l'affaire secoue à ce point le landerneau politique et médiatique, c'est bien parce que le Nord du pays a tendance à juger l'idylle un peu contre nature et qu'elle y voit, désormais, un problème politique. Quelle sera encore, s'interrogent la plupart des observateurs flamands, la crédibilité d'un Rik Daems dans ses critiques et ses interventions s'il doit désormais ménager un parti politique, le PS, cible favorite de la plupart des partis flamands?

Vérité partielle

La presse flamande n'a pas admis, non plus, que Rik Daems, s'épanche, au début de cette semaine dans l'hebdomadaire «Dag Allemaal» pour y révéler ses problèmes conjugaux en omettant soigneusement d'évoquer sa liaison avec Sophie Pécriaux et sa maternité prochaine. Il aurait livré une vérité partielle, disent ses proches, pour protéger son autre famille et sa fille en particulier qui n'était complètement informée de la séparation de ses parents et de ses projets parallèles.

L'homme, qui n'avait déjà pas bonne presse au nord du pays, se fait donc assassiner, «coupable» qu'il est d'avoir choisi une Wallonne pour partenaire, «coupable» qu'il est aussi d'avoir menti. Dès lors, l'énergie que Guy Verhofstadt et les autres chefs du VLD avaient mise pour lui trouver un autre job, s'en trouve largement émoussée. Car lorsque Rik Daems est venu demander qu'on lui déniche une autre fonction, il a uniquement évoqué son divorce, pas sa nouvelle idylle née à la Chambre. Il est donc possible qu'on le laisse végéter au sein de son groupe parlementaire, dont il a quitté la présidence sous la pression de ses pairs, furieux d'avoir découvert la vérité dans la presse.

Il y a quelques jours encore, on imaginait le recaser à la tête de la société issue de la fusion entre la Société fédérale de participation (SFP) et la Société fédérale d'investissement (SFI). On le voyait aussi attaché aux relations commerciales entre la Belgique et l'Extrême-Orient.

Si les deux tourtereaux imaginaient attendre leur bébé en toute discrétion, loin du tapage médiatique, c'est raté. Ce jeudi, il est fort probable que les deux députés, attendus à la séance publique de la Chambre, seront mitraillés, voire harcelés par la presse. Mais après quelques jours, le soufflé médiatique retombera.

© La Libre Belgique 2006