Contre l'enfermement des enfants

Dimanche, des peluches seront accrochées par des enfants aux grilles du centre fermé pour étrangers illégaux de Vottem, près de Liège. Un geste symbolique qui doit ponctuer la mobilisation citoyenne nationale contre l'enfermement de mineurs d'âge dans de tels centres.

An.H.

Dimanche, des peluches seront accrochées par des enfants aux grilles du centre fermé pour étrangers illégaux de Vottem, près de Liège. Un geste symbolique qui doit ponctuer la mobilisation citoyenne nationale contre l'enfermement de mineurs d'âge dans de tels centres. Une septantaine d'associations, mais aussi des syndicats (FGTB et CSC) et des partis (CDH et Ecolo) appellent ainsi à une manifestation dont le rassemblement est prévu à 14 heures à la Citadelle à Liège. La détention des familles avec enfants et leur expulsion est désormais la priorité du gouvernement, déplorent-ils.Force est de constater que le nombre d'enfants détenus avec leurs parents en centres fermés ne fait qu'augmenter: plus de 70 gamins sont ainsi enfermés, ce qui constitue une «maltraitance psychologique» comportant «des conséquences inévitables sur le développement de l'enfant», comme l'établissait en 1999 un rapport du centre de guidance de l'ULB (département Santé mentale).

Dans l'opposition, CDH et Ecolo réclament depuis longtemps l'interdiction d'enfermer des mineurs en prônant des solutions alternatives. Clotilde Nyssens, sénatrice CDH, et Joëlle Milquet, députée CDH et présidente du parti, viennent d'ailleurs de soumettre à leurs assemblées respectives une proposition de résolution visant à interdire la détention des mineurs dans les centres fermés. Les humanistes demandent que les familles soient maintenues dans un endroit non fermé, pour garantir l'intimité des enfants et leur scolarité.

De son côté, le PS, aux côtés du VLD dans la majorité violette, estimait vendredi que le ministre VLD de l'Intérieur, Patrick Dewael, ne respectait pas l'accord de gouvernement sur la question des centres fermés qui prévoit l'humanisation des centres. La création des sections familles, prévues par ledit accord, se matérialise par le seul transfert des familles vers une aile des centres, regrette le PS. «De plus, la création de ces sections semble provoquer une augmentation des mineurs détenus, ce qui est inacceptable.» Pour ces raisons, les socialistes demandent la suspension immédiate de la création des sections familles annoncée par le ministre dans les centres de Vottem et Merksplas.

© La Libre Belgique 2006