Un air très peu recommandable

Elles sont invisibles et inodores. Pourtant, sans que vous en soyez conscients, elles vous empoisonnent la vie. Elles, ce sont les particules fines dont des concentrations élevées sont enregistrées dans l'air depuis plusieurs jours dans notre pays.

Un air très peu recommandable
©BELGA
Gilles Toussaint

Elles sont invisibles et inodores. Pourtant, sans que vous en soyez conscients, elles vous empoisonnent la vie. Elles, ce sont les particules fines dont des concentrations élevées sont enregistrées dans l'air depuis plusieurs jours dans notre pays. Ce qui vaut à la Cellule interrégionale de l'environnement (Celine) de multiplier les avertissements à la population.

En Belgique, la réglementation en la matière se base sur les directives européennes. Pour les particules de matière dont le diamètre est inférieur à 10 microns (les PM 10), le seuil de 50 mg/m3 d'air ne peut être dépassé plus de 35 fois par an. Or, dans certaines stations de mesure (notamment Jemeppe et Marchienne- au-Pont), ce seuil à déjà été dépassé au moins une vingtaine de fois ces... trente derniers jours.

Vents d'Est

«Alors que les conditions de dispersion des polluants étaient acceptables, les pics de pollution enregistrés ce week-end étaient dus à des importations de polluants venant des pays de l'Est et poussés vers notre pays par les courants venteux, explique Olivier Brasseur, scientifique à la Cellule Celine. A présent, on s'oriente vers de nouveaux pics de pollution qui porteront sur les journées de mercredi, probablement jeudi et peut-être vendredi. Mais cette fois, cette hausse est liée aux conditions météorologiques qui sont défavorables à la dispersion des polluants émis localement.»

Les sources à l'origine de ces émissions de particules fines sont connues, elles sont le fruit de la combustion des carburants fossiles liée à la circulation automobile -les moteurs diesels en particulier-, aux installations de chauffage et aux activités industrielles.

Plus petites, plus nocives

Il est donc conseillé dans la mesure du possible de préférer les transports en commun à la voiture. Les jeunes enfants et les personnes plus âgées souffrant de problèmes cardiovasculaires) sont également invitées à éviter les efforts intenses.

«Les particules fines sont à la base des molécules de carbone qui peuvent en outre contenir une grande variété de composants métalliques ou organiques, explique pour sa part le Docteur Abderrahim Nemmar de l'Unité de toxicologie pulmonaire de la KU Leuven. En Belgique, on mesure principalement les concentrations en PM 10, mais il serait plus indiqué de mesurer les PM 2,5 dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns ou, mieux encore, les particules ultrafines dont le diamètre est inférieur à 0,1 micron. En effet, plus ces particules sont petites plus elles sont toxiques et plus elles peuvent pénétrer en profondeur dans les poumons. Des études ont ainsi démontré que les particules ultrafines peuvent même passer dans la circulation sanguine et être responsable de maladies cardiovasculaires. Un lien solide a été établi entre l'exposition à un pic de pollution atmosphérique et un risque accru de déclenchement des infarctus. Une autre étude publiée aux Etats-Unis estimait également que 6 pc des décès pouvaient être imputés à la pollution de l'air et aux particules fines.»

© La Libre Belgique 2006