«Internet, c'est le choix de la facilité»

C.Lp.(st.)

Même si la plupart des étudiants disent être contre le plagiat, ils avouent qu'il est parfois tentant de succomber à la tentation, surtout depuis l'arrivée d'Internet. «Par manque de temps, les étudiants copient-collent les documents», lance Cédric. «Je pense qu'Internet ôte les scrupules car on ne pense guère à l'auteur du texte, qu'on ne retrouve parfois même plus.»

«Internet, c'est la facilité,» estime Natasha, étudiante en communication et information à l'ULB, «En tapant un seul mot, on obtient toutes les données. Souvent, ça nous pousse à copier tout, sans faire le moindre effort. On a tout à disposition. Nous ne devons plus aller dans les bibliothèques pour faire les recherches.»

Un média indispensable

Les étudiants semblent toutefois adopter une attitude responsable lorsqu'ils utilisent le Net. Natasha raconte avoir découvert deux textes sur le Net qui répondaient exactement aux questions de son mémoire. Elle n'a pas abusé de la situation. «C'est très tentant mais je ne me suis pas contentée de les recopier. Internet m'aide beaucoup dans mon travail mais il ne faut pas l'utiliser à mauvais escient.»

Pour «The Man», étudiant en économie, le mémoire constitue une collecte d'informations, un travail de synthèse. Lorsqu'il copie des paragraphes entiers, il cite ses sources.

Internet est un média indispensable pour la réalisation d'un mémoire. Beaucoup d'étudiants l'utilisent pour trouver les références des livres dans les bibliothèques électroniques, ce qui est beaucoup plus rapide que de se déplacer. Internet permet, en effet, d'accélérer la recherche du savoir.

Peur d'une sanction

Mais tous sont sûrs d'une chose: Internet n'est pas aussi fiable qu'un ouvrage. La qualité scientifique des documents trouvés sur le Net n'est pas toujours prouvée. Même s'il représente une ouverture sur la connaissance, il faut s'en méfier et apprendre à l'utiliser correctement.

La plupart des étudiants de 2e licence interrogés déclarent ne jamais avoir plagié de leur vie. Certains ne se risquent pas à le faire, par peur d'être sanctionnés. Car les histoires d'étudiants qui se sont fait attraper courent les couloirs des facultés. «Je connais un groupe qui s'est déjà fait piéger,» raconte Thomas, étudiant en analyse de films à l'Université libre de Bruxelles. «Le professeur lui a collé zéro à l'examen. C'est trop risqué, ça n'en vaut pas la peine!» Une étudiante aurait été obligée de refaire son mémoire pour cause de plagiat.

D'autres, comme Mustapha, étudiant en sciences politiques à l'ULB, sont contre le plagiat mais par principe. «Un mémoire, c'est un travail personnel. Nous sommes ici pour montrer de quoi nous sommes capables. Le plagiat, c'est faire preuve d'un manque de personnalité.»

Selon Cédric, étudiant en cinéma, plagier, «c'est être irrespectueux envers l'auteur qui a livré des efforts intellectuels, s'approprier le travail d'un autre».

Si certains étudiants finissent malgré tout par plagier, c'est le plus souvent par manque de temps. Ceux qui parviennent à gérer leur horaire échappent à la tentation.

© La Libre Belgique 2006