L'Eglise inquiète de la généralisation des occupations

La multiplication des occupations d'églises par les sans-papiers inquiète la Conférence épiscopale de Belgique car elles posent divers problèmes, notamment au point de vue de l'hygiène.Actuellement, des églises à Mons, à Charleroi et à Etterbeek sont occupées par des sans-papiers. Mercredi, une centaine de sans-papiers ont dû évacuer l'église du parvis de Saint-Gilles qu'ils avaient l'intention d'occuper.

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L'Eglise inquiète de la généralisation des occupations
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La multiplication des occupations d'églises par les sans-papiers inquiète la Conférence épiscopale de Belgique car elles posent divers problèmes, notamment au point de vue de l'hygiène.

«Il est évident que nous affichons toute notre sympathie envers ces situations humainement difficiles et nous attirons l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de trouver une solution », a déclaré l'abbé Eric de Beukelaer, porte-parole de la Conférence épiscopale, jeudi à l'agence Belga. «Mais nous ne sommes pas favorables à la généralisation des occupations d'églises », a-t-il ajouté.

Actuellement, des églises à Mons, à Charleroi et à Etterbeek sont occupées par des sans-papiers. Mercredi, une centaine de sans-papiers ont dû évacuer l'église du parvis de Saint-Gilles qu'ils avaient l'intention d'occuper.

Selon le porte-parole, si au départ l'occupation d'une église permet d'attirer l'attention sur des cas dramatiques vécus par des personnes qui se retrouvent en situation irrégulière, la généralisation des occupations à laquelle on assiste ces derniers jours risque de faire perdre de la force à ce symbole exceptionnel.

«Les églises ne sont pas l'antichambre vers la régularisation », souligne Eric de Beukelaer et «elles ne sont tout simplement pas adaptées au niveau de l'hygiène, ce qui pose de sérieux problèmes ».

Aucune recommandation n'a été faite aux curés qui risquent d'être confrontés à cette situation: «une communauté et le curé peuvent décider de soutenir une situation exceptionnelle et dramatique. C'est le curé qui se trouve sur le terrain qui est capable de juger de la situation, mais face à cette généralisation nous estimons que la salle paroissiale est de toute manière plus adaptée pour accueillir ces occupations ».

«Le problème se pose de manière encore plus difficile si le curé n'est pas au courant de l'occupation et doit faire face, avec la fabrique d'église, à cette situation », conclut-il.