L'enquête devient polonaise

Ce n'est pas du relâchement, après la réussite du pan belge de l'enquête sur le meurtre de Joe, mais il est clair que, à la police fédérale, on compte désormais surtout sur la réactivité des collègues polonais pour l'arrestation d'A.G., le meurtrier présumé.

L'enquête devient polonaise
© Johanna de Tessières
Roland Planchar

Ce n'est pas du relâchement, après la réussite du pan belge de l'enquête sur le meurtre de Joe, mais il est clair que, à la police fédérale, on compte désormais surtout sur la réactivité des collègues polonais pour l'arrestation d'A.G., le meurtrier présumé. Il aurait été établi, grâce à des relevés sur les antennes GSM, que le jeune homme (dont l'âge est finalement de 17 ans, puisqu'il est né le 20 octobre 1988) se trouverait dans une grande agglomération polonaise.

Il n'est pas douteux que la Pologne fasse le maximum pour conduire à une arrestation peut-être imminente, si l'on en juge par le fait que même le Premier ministre, Guy Verhofstadt (VLD), a contacté mercredi son homologue polonais, Kazimierz Marcinkiewicz. Après lui avoir annoncé que, dès son arrestation, l'extradition du suspect serait demandée par la Belgique, M. Verhofstadt a reçu l'assurance que tous les moyens de recherche étaient mis en oeuvre.

En Belgique, on a appris que le frère aîné du suspect déjà arrêté, M.O., avait été entendu par la juge d'instruction Patricia Jaspis. Et que, selon son avocat, M.O. lui-même aurait été un peu moins connu de la Justice pour des faits préalables qu'on le pensait. Il s'agit, selon Me Juan Verlinden, d'un «vol simple, le dossier ayant été clôturé voilà 3 ans».

Il a également indiqué que son jeune client était resté caché surtout à cause de l'ampleur prise par les événements, se sentant seul contre toute la Belgique - et pour cause... - et se demandant comment il pourrait seulement expliquer les choses.

Côté parquet, la communication a changé de ton. Elle s'est d'abord faite minimaliste en fonction d'un ordre de la juge Jaspis car elle «veut travailler à ce dossier dans le calme», disait une porte-parole, Estelle Arpigny. Il s'agit aussi de «préserver les personnes impliquées dans le dossier», mineures. Bref, elle a demandé mercredi au parquet de ne plus donner d'informations.

Pas d'excuses du parquet

Côté parquet encore, on retient que son porte-parole Jos Colpin a corrigé ce qui fut dit dans certains médias et par certaines personnalités politiques à propos de la désignation abusive des suspects en tant que Nord-Africains. «Nous déplorons ce qui est arrivé, ainsi que le fait qu'une information ait été diffusée alors qu'elle s'est finalement révélée fausse», disait-il mercredi, «mais nous ne présentons pas d'excuses. Il n'y a aucune raison de le faire parce que nous avons donné l'information dont nous disposions alors». Le lendemain des faits, précise-t-il, «mon remplaçant a demandé (aux policières) ce qui était certain et ce qui pouvait être dit. Les enquêteurs ont alors dit que les suspects seraient des Nord-Africains. Ce terme a été utilisé parce que les premières déclarations des témoins parlaient toutes de suspects de type nord-africain». Regrettable, constate-t-il, mais pas de la faute du parquet. Le SJA de Bruxelles, dans la foulée de sa belle réussite, avait effectivement présenté des excuses pour cela.

© La Libre Belgique 2006

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