Une nouvelle réforme fiscale? Cela n'est pas prévu...

Dans un an, ce sont les élections fédérales. Le bilan du gouvernement Verhofstadt est on ne peut plus mitigé...

Le gouvernement a beaucoup travaillé. Voyez ce qui a été enclenché: la liaison des allocations au bien-être, l'équilibre de la sécurité sociale, la couverture des petits risques pour les indépendants, l'énorme travail, jamais réalisé sans doute dans toute l'histoire du pays, du département de la Justice, l'évolution de la Défense nationale, de plus en plus tournée vers le civil, l'adoption d'enfants par les couples gays... La vie au gouvernement est parfois difficile entre la gauche et la droite. Le débat est permanent. Mais c'est cela la richesse belge: malgré le clivage idéologique, on réussit à travailler ensemble.

Guy Verhofstadt avait décidé de terminer la législature en organisant 10 conseils des ministres à thèmes. Les premiers ont été insipides. Et celui dont on attendait le plus, ce vendredi, qui devait être consacré à la compétitivité et au pouvoir d'achat, a été reporté en juin...

Deux éléments. Un: la priorité des priorités est d'apporter une réponse à l'inquiétude des Belges en terme de sécurité exprimée lors de la marche silencieuse de dimanche dernier. Deux: il faut être sérieux et prendre des mesures qui tiennent compte de la faisabilité financière. Je ne voudrais pas qu'en juin nous prenions des mesures que nous pourrions regretter par la suite et dont l'impact financier serait insoutenable.

Vous avez dit que Didier Reynders se comportait comme Saint Nicolas: c'est plutôt gentil!

Tout le monde peut promettre des réformes pour 4,5, 10 milliards d'euros. Mais cela manque de sérieux.

Vos priorités?

Améliorer le pouvoir d'achat des citoyens et singulièrement des gens qui travaillent. Il faut prendre certaines mesures de compétitivité, il faut aider les gens qui ont des faibles revenus. Mais cela doit se faire dans un cadre mesuré et raisonnable.

Le PS craint-il que les libéraux tirent seuls les profits d'une nouvelle réforme fiscale?

Quelle réforme fiscale? L'accord de gouvernement ne prévoit rien de tout cela. Si certains veulent une nouvelle réforme fiscale pluriannuelle, nous en discuterons au lendemain des élections législatives.

Le conseil des ministres consacré à la pauvreté aura-t-il lieu?

Bien entendu. Et les revenus d'intégration seront relevés de deux pour cent. Nous voulons prendre des mesures en terme de surendettement, liées notamment aux cartes de crédit. Le problème touche tant le Nord du pays (à Anvers, 4000 personnes sont touchées) que le Sud (Charleroi: 1400). Nous voulons également trouver une solution à la progression des loyers. Mais il ne s'agit nullement d'une mesure générale et drastique. Il y a, dans certains coins, des flambées qu'il faut modérer.

© La Libre Belgique 2006