Les jours de De Clercq sont comptés

L'évolution quotidienne du dossier des affaires à Charleroi sera évidemment au centre des débats de l'Union socialiste communale (USC) de la ville qui se réunit ce lundi soir sous la présidence de Jean-Claude Van Cauwenberghe rentré dimanche d'une mission au Canada.

V.d.W. et P.MK.
Les jours de De Clercq sont comptés
©Alexis Haulot

L'évolution quotidienne du dossier des affaires à Charleroi sera évidemment au centre des débats de l'Union socialiste communale (USC) de la ville qui se réunit ce lundi soir sous la présidence de Jean-Claude Van Cauwenberghe rentré dimanche d'une mission au Canada.

De multiples contacts et réunions discrètes ont eu lieu samedi et dimanche, à Charleroi et à Bruxelles pour sceller le sort de plusieurs personnes impliquées dans les scandales à Charleroi mais aussi pour préparer la relève politique au sein du PS carolo. Car la maison brûle. Concernant Lucien Cariat, échevin inculpé dans le dossier de l'ICDI, la question est de savoir si l'USC de Charleroi va lui maintenir sa confiance ou si elle va le «déshabiller» en lui retirant ses attributions scabinales voire le pousser à la démission. Le cas de Jean-Pierre De Clercq est tout aussi délicat. Inculpé pour détournement de fonds dans le cadre de ses activités de curateur, il avait été désigné pour conduire la liste socialiste à la province pour Charleroi. Mais sa place est plus que chancelante. Samedi, dans «Le Soir», le vice-président du PS, Philippe Moureaux, indiquait qu'il ne voulait plus faire partie du même parti que Jean-Pierre De Clercq. Et samedi soir, le président du PS, Elio Di Rupo, s'est rendu à Gilly, au domicile de Jacques Van Gompel, le bourgmestre de Charleroi, pour lui tenir ce langage: si Jean-Pierre De Clercq conduit la liste provinciale, le prochain député permanent pour l'arrondissement ne sera pas quelqu'un de Charleroi...

Il sera donc intéressant de voir si, ce soir, Van Gompel proposera de dégommer De Clercq. Pour cela, il devra affronter celui qui reste le maître absolu de Charleroi, l'ami intime de De Clercq: Jean-Claude Van Cauwenberghe que Di Rupo a également vu dimanche. Pas simple car le même De Clercq a encore affirmé au cours du week-end, sur RTL, qu'il maintenait sa candidature comme tête de liste et qu'il déposerait une requête en récusation contre la juge qui l'a inculpé, France Baekeland. Les changements à Charleroi seront-ils plus profonds encore? Il y a quelques jours, le président de la fédération socialiste de Charleroi, Patrick Moriau, proposait de s'effacer et d'installer trois jeunes à sa place à la tête de la «fédé». Un geste intéressant dans le chef d'un homme qui n'est en rien touché par les affaires actuelles et qui suggérait ce changement «dans un esprit constructif». Mais que pourra la relève contre les vrais barrons de Charleroi?

© La Libre Belgique 2006