Di Rupo: «singulier» mais pas illégal

L'espèce de trop-plein atteint par les affaires des Daerden père et fils, Michel et Frédéric, ministre et député-bourgmestre (PS), a donc fini par remonter au Parlement wallon. Mais Elio Di Rupo, tard mercredi, en l'absence des intéressés, n'a répondu que sur le terrain de la légalité.

P.P.
Di Rupo: «singulier» mais pas illégal
©Devoghel

L'espèce de trop-plein atteint par les affaires des Daerden père et fils, Michel et Frédéric, ministre et député-bourgmestre (PS), a donc fini par remonter au Parlement wallon. Mais Elio Di Rupo, tard mercredi, en l'absence des intéressés, n'a répondu que sur le terrain de la légalité.

Interpellé par l'opposition, le ministre-Président (PS) veut bien convenir que «le nombre important d'intercommunales et autres organismes publics en région liégeoise que contrôle le bureau de réviseurs DC&Co est une situation singulière». Mais d'un point de vue légal, «aucun fait relaté ne pose problème». Des soupçons sur l'attribution de marchés publics au Confort mosan et au Logement de Herstal? Ces deux sociétés de logement ont reçu une bonne cote dans le registre.

Quant à la déontologie, l'examen est en cours à l'Institut des réviseurs d'entreprise (IRE), rappelle M. Di Rupo, qui se réfère à son passé de ministre fédéral de l'Economie pour lui exprimer sa «totale confiance». Quant aux propositions statutaires sur les réviseurs, oui-oui, on peut les examiner avec les autres pouvoirs concernés, mais «sereinement», ajoute le double président - au moment où, à la Chambre, le ministre Marc Verwilghen (VLD) juge opportun d'ouvrir un débat sur la légalisation de l'obligation d'indépendance des réviseurs...

C'est forcément sur un terrain autrement plus large, et miné, que les interpellateurs avaient joué: éthique et politique. «Quelle attitude allez-vous adopter face à une situation qui donne une image désagréable - pour ne pas dire autre chose - de la gestion de la chose publique en Wallonie? Même si la lettre de la loi est respectée, l'esprit de la norme n'est-il pas malmené?», interrogeait Philippe Fontaine (MR).

«Michel Daerden règne sur un véritable empire, appuyait Bernard Wesphael (Ecolo). C'est une toile d'araignée politique qui s'étend sur Liège au plus grand profit de quelques-uns. Cela nous donne une montagne politico-affairiste où le ministre et son fils tirent les juteuses ficelles d'un cabinet de réviseurs qui contrôle la plupart des intercommunales et sociétés de logement liégeoises dont la tutelle est précisément exercée par le gouvernement auquel appartient le père, lui-même étant «démocratiquement contrôlé» par son parlementaire de fils». Attendre les résultats de l'IRE? «Mais le problème est définitivement politique!».

Frédéric, réviseur en congé

Une info, quand même: Frédéric Daerden «vient de me communiquer (sic) son souhait de réorganiser sa vie professionnelle», Di Rupo dixit; alors que rien ne l'y oblige, dès que le gouvernement aura approuvé sa nomination maïorale, il se mettra en congé révisoral. «Le fils se retrouvera dans la même situation que son père. C'est du façadisme», réplique M.Fontaine. Pour M.Wesphael, «c'est trop facile. Vous prenez une lourde responsabilité politique en couvrant des agissements qu'aujourd'hui tout le monde déplore, y compris dans la fédération liégeoise du PS».

© La Libre Belgique 2006