8 août 56, le jour le plus noir

Le 8 août 1956, le charbonnage du Bois du Cazier, à Marcinelle, est le théâtre de l'une des catastrophes les plus meurtrières de l'histoire du pays. On lira le récit de cette journée dramatique dans les pages suivantes, sous la plume de l'un des rares rescapés de cette catastrophe.

8 août 56, le jour le plus noir
© D.R.
J.-C.M.

Le 8 août 1956, le charbonnage du Bois du Cazier, à Marcinelle, est le théâtre de l'une des catastrophes les plus meurtrières de l'histoire du pays. On lira le récit de cette journée dramatique dans les pages suivantes, sous la plume de l'un des rares rescapés de cette catastrophe. Mineur flamand travaillant à Marcinelle depuis quelques années, Frans Lowie raconte comment il a réussi à s'extirper du puits en feu et comment, dans les jours, les mois et les années qui suivirent, ce 8 août continua à le hanter.

Le feu et le monoxyde de carbone tuèrent, pour la plupart dans les heures qui suivirent l'accident, 262 mineurs, à savoir 136 Italiens, 95 Belges, 8 Polonais, 6 Grecs, 5 Allemands, 5 Français, 3 Hongrois, 1 Anglais, 1 Hollandais, 1 Russe, 1 Ukrainien.

Le puits St-Charles de la SA des Charbonnages du Bois du Cazier était une concession couvrant plus de 875 ha, sous Marcinelle, Couillet, Loverval et Gerpinnes. L'entreprise occupait alors 700 travailleurs de fond et de surface, l'extraction du charbon se répartissant en trois poses journalières.

Cinquante ans plus tard, le site a totalement changé d'aspect. Longtemps laissé à l'abandon après la fermeture du charbonnage (officiellement en 1961, pratiquement en 1967), livré aux vols et au vandalisme, il a fait et fait toujours l'objet d'une revalorisation, grâce au soutien de la Région wallonne et de l'Union européenne, dans le cadre de l'Objectif 1.

Hommage poignant

Aux pieds des deux châssis à molette, la recette a été entièrement reconstruite dans le souci de son intégrité historique. Au rez-de-chaussée, un lieu de recueillement rappelle la mémoire des 262 victimes de la tragédie de façon extrêmement sobre et émouvante.

Depuis 2002, la salle qui abritait l'ancienne machine d'extraction accueille un centre d'interprétation consacré à la catastrophe. Le visiteur se met dans la peau d'un mineur lorsqu'il se faufile dans une galerie, fidèlement reconstituée. Des photographies, des témoignages et un film rappellent le jour tragique du 8 août 56. Dans l'ancienne salle des pendus (l'endroit où les mineurs accrochaient leurs vêtements à des grappins) et les bains-douches, se trouve aujourd'hui le musée de l'Industrie, qui retrace l'histoire des principaux secteurs d'activités du sillon Haine-Sambre-et-Meuse et fait revivre le monde de la révolution industrielle, qui fit du pays de Charleroi le centre de l'activité économique du pays.

Fin 2005, de nouveaux espaces d'accueil (et notamment un restaurant) ont été ouverts au public, qui découvrira dès l'automne le tout nouveau musée du verre.

Tout autour du charbonnage se déploie un domaine boisé de 25ha devenu parc semi-naturel, trois terrils ayant été aménagés de fort intelligente et en même temps spectaculaire façon.

Bref, la mémoire des mineurs et, par extension, de tous ceux qui ont contribué, des années durant, au prix d'un dur labeur et de nombreuses souffrances, à faire de la Wallonie une terre d'essor est ici magnifiée.

Manifestations diverses

Pour en revenir à la tragédie de 1956, la commémoration de son 50 éme anniversaire a donné lieu tout au long du premier semestre de 2006 à une longue série de manifestations.

Jusqu'au 3 décembre, le site accueillera quatre expositions réunies sous l'appellation générique «Au coeur du Cazier». A travers des documents de toutes sortes, dessins, photographies, films, poèmes, elles retraceront à la fois l'histoire de la catastrophe mais aussi celles du pays de Charleroi, de l'immigration, des mineurs et des charbonnages évoquant largement les conditions de travail et d'existence de la population belge..

Un timbre commémoratif a été émis par la Poste alors que la Monnaie royale de Belgique a frappé une pièce en argent de 10 euros en hommage aux victimes.

Le 8 août, place au souvenir, avec une célébration eucharistique dès 9h, un dépôt de fleurs au monument international des victimes du travail, Grand Place, à Marcinelle (10h15), un hommage au cimetière de Marcinelle (10h45), un dépôt de fleurs devant le monument aux victimes à l'entrée du site du Cazier (12h) et l'inauguration d'une plaque commémorative en hommage aux victimes.

© La Libre Belgique 2006


Renseignements: 071.88.08.56; www.leboisducazier.be