Les étrangers ne voteront pas en masse

Malgré un soubresaut ces deux dernières semaines, et une hausse de 10 pc, le nombre d'étrangers non européens qui se sont inscrits pour voter aux élections communales d'octobre reste assez faible. Pourtant, l'ouverture du vote aux étrangers hors Union Européenne constituait la grande nouveauté des prochaines élections - les Européens ayant déjà pu participer au scrutin précédent, en 2000. Consultez la liste des communes avec le nombre d'électeurs étrangers

S.T. (st.)
Les étrangers ne voteront pas en masse
©Johanna de Tessières

Malgré un soubresaut ces deux dernières semaines, et une hausse de 10 pc, le nombre d'étrangers non européens qui se sont inscrits pour voter aux élections communales d'octobre reste assez faible. Pourtant, l'ouverture du vote aux étrangers hors Union Européenne constituait la grande nouveauté des prochaines élections - les Européens ayant déjà pu participer au scrutin précédent, en 2000. Etrangers, européens ou non, désirant participer au scrutin devaient en faire la demande auprès de leur administration communale, jusqu'au 31 juillet 2006. Les dés sont jetés.

Le Registre national a publié mercredi ses statistiques définitives : 15,71 pc d'étrangers hors Union se sont mobilisés, soit 17 065 sur les 108 617 escomptés. Les résultats ne sont pas à la hauteur des débats passés, qui avaient opposé le Nord et le Sud du pays, largement plus favorable à l'extension du droit de vote, sous certaines conditions.

Une Région n'est pas l'autre

Cependant, la mobilisation des nouveaux électeurs diverge fortement d'une région à l'autre, et d'une province à l'autre.

Concernant le vote des non-Européens, la palme revient à la Région wallonne. Elle enregistre le plus haut taux de participation avec 21,30 pc du potentiel total d'électeurs. Ce qui en réalité, recouvre l'inscription de 5 091 personnes, dont les deux tiers se sont décidé fin juillet. Ensuite, c'est Bruxelles qui prend la seconde place avec un taux de 15,66 pc d'inscrits par rapport au potentiel de la capitale. Aux alentours du 18 juillet, les effectifs s'élevaient à 5,11 pc seulement. Un «score» qui laissait Bruxelles en queue de peloton, après la Flandre. Aujourd'hui, Bruxelles compte 6 622 étrangers inscrits sur les 42 298 qui auraient pu l'être.

Enfin, la Région flamande s'est vue reléguée à la dernière place avec un taux de mobilisation de 12,62 pc, soit 5 352 inscrits sur les 42 422 potentiels. Alors que le Nord tenait la seconde place avec 5,48 pc, il y a deux semaines.

Des décalages flagrants se dessinent aussi entre provinces. Sur la plus haute marche, on trouve la province du Luxembourg avec un taux record de 27,48 pc (180 inscrits sur 655), suivie de la province de Liège et du Brabant wallon avec 20 pc. Le Limbourg descend à 16,01 pc et Anvers, à 12,39 pc. A l'autre extrême, on retrouve le Brabant flamand avec 10,53 pc (663 inscrits sur 6 295).

Et les Européens?

Last but not least, le Registre National publiait également le nombre d'étrangers appartenant à l'Union européenne participant au scrutin 2006. Au total, 20,94 pc répondent présents, soit une légère augmentation par rapport au 17,6 pc de l'édition 2000, à faible succès. Notons que le nouvel exercice comptabilise les anciens inscrits. Les taux de participation respectent la même hiérarchie régionale qu'en 2000: la Région wallonne est en tête (28,46 pc), suivie de son homologue flamande (13,69 pc) et finalement de la Région bruxelloise (13,62 pc), à la traîne.

Qu'il s'agisse d'électeur européens ou non, il faudra laisser le temps au temps avant de voir naître une véritable mobilisation. L'enjeu paraît de taille, sur la voie de l'intégration des diverses communautés dans le tissu local.

© La Libre Belgique 2006


Succès ou pas? La seule constatation que le ministre flamand des Affaires intérieures Marino Keulen (VLD) dit tirer de la publication du nombre définitif d'étrangers hors union européenne inscrits pour les prochaines élections communales (15,7 pc) est que ceux-ci ne montrent aucun intérêt pour ces élections. Selon Marino Keulen, les chiffres doivent être inversés, ce qui arrive à dire que 85 pc des personnes concernées n'ont pas fait usage de leur droit, malgré la campagne d'information mise sur pied et alors que les formalités requises n'étaient pas lourdes. Pour le ministre flamand, il n'y a donc pas à chercher ailleurs que dans le désintérêt des étrangers la raison de ces chiffres peu encourageants. Voilà qui tranche singulièrement avec l'avis donné par son homologue wallon, Philippe Courard (PS) qui, dans un communiqué, a qualifié la participation des électeurs non belges de «succès». La différence d'interprétation s'explique sans doute par les chiffres de participation (21,3 pc en Wallonie et 12,62 pc en Flandre). Elle s'explique aussi très certainement par le fait que le VLD s'est sèchement opposé à l'octroi du droit de vote aux ressortissants non européens alors que le PS en était l'un des auteurs. (D'après Belga)