Le gouvernement réagit

Il pourra bloquer une autorisation de sortie pour un jeune dans un centre fermé. Quant aux Communautés, elles tiendront compte de l'importance des faits commis par un jeune lorsqu'il sera question de lui accorder ou non une autorisation de sortie. Ces décisions font suite à la polémique entourant Mariusz, complice de l'assassin présumé de Joe, qui a pu aller au stade voir le match de foot Belgique-Kazakhstan.

Le gouvernement réagit
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Le gouvernement déposera un projet de loi visant à modifier la nouvelle loi sur la protection de la jeunesse afin de rendre suspensif un appel du parquet contre une autorisation de sortie pour un jeune placé dans un centre fermé. Les Communautés quant à elles s'engagent à modifier les procédures afin de tenir compte dans les autorisations de sortie et dans les projets pédagogiques de l'importance des faits commis par le jeune, du risque sécuritaire et de la possibilité de désaisissement.

Telles sont les deux décisions intervenues lundi matin lors d'une réunion de concertation entre des représentants du gouvernement fédéral et des gouvernements des Communautés et des Régions sur le suivi de l'approche de la délinquance juvénile. La réunion était prévue de longue date. Le fédéral, les Communautés et les Régions ont en effet décidé, après la meurtre de Joe Van Holsbeeck, de se réunir pour mieux coordonner les politiques en matière de protection de la jeunesse. Plusieurs réunions ont déjà eu lieu. La réunion de ce lundi a toutefois été pour l'essentiel consacrée à un aspect spécifique après la sortie d'un des jeunes soupçonnés d'avoir participé au meurtre de Joe Van Holsbeeck. Ce jeune a assisté récemment au match Belgique-Kazakhstan.

"Tous les participants ont jugé inacceptable et intolérable cette sortie et nous comprenons l'indignation des parents", a dit le premier ministre Guy Verhofstadt dans une brève déclaration après la réunion

Il a été convenu que le gouvernement fédéral déposera un projet de loi visant à rendre suspensif l'appel du parquet contre une autorisation de sortie.

Par ailleurs, les Communautés se sont engagées à tenir compte lors des autorisations de sortie et dans les projets pédagogiques de la gravité des faits commis par le jeune, du risque sécuritaire des sorties et des possibilités de désaisissement du juge de la jeunesse, ce qui est le cas dans le dossier Joe Van Holsbeeck.

En quittant le "16", la ministre de la Communauté française, Catherine Fonck, en charge de l'aide à la jeunesse, ainsi que la ministre-présidente de la Communauté française, Marie Arena, ont précisé que la Communauté entend affiner les projets pédagogiques afin de mieux répondre aux cas spécifiques et de faire en sorte que les juges de la jeunesse soient mieux informés du contenu de ces projets.

Mme Fonck a aussi insisté sur le fait qu'elle n'intervenait personnellement en rien dans les dossiers individuels des jeunes délinquants. Elle a aussi rappelé que les projets pédagoques des IPPJ actuellement en vigueur ont été adoptés en 2002 et 2004 soit sous la précédente législature.

Tant le ministre-président du gouvernement wallon, Elio Di Rupo, que le vice-président du gouvernement flamand, Franck Vandenbroucke, ont souligné qu'il ne fallait pas communautariser ce dosssier.

"Nous avons eu un débat serein", a dit M. Vandenbroucke qui a ajouté qu'il "serait prétentieux de dire qu'il n'y a pas de problème en Flandre".

Par ailleurs, le premier ministre a aussi annoncé que le gouvernement fédéral décidera vendredi 8 septembre de l'implantation de la prison pour jeunes délinquants dont le construction est prévue par la nouvelle loi. Trois implantations ont été retenues, à Tirlemont, Braine et Ganshoren. La préférence du gouvernement fédéral irait à cette dernière située dans les 19 communes de la Région de Bruxelles-capitale, territoire bilingue ce qui permettrait d'éviter une série de problèmes.


28 criminologues au 1er septembre pour les parquets jeunesse Vingt-huit criminologues renforceront à partir du 1er septembre les différents parquets jeunesse du pays. Leur mission sera triple. Ils interviendront en matière de délinquance juvénile, absentéisme scolaire et maltraitance d'enfants, a indiqué lundi la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx. La ministre a accueilli lundi à son cabinet ces 28 criminologues, pour la plupart très jeunes. Ils entreront en fonction après une courte formation de 5 jours. Il s'agit là d'une des premières application de la réforme de la loi de protection de la jeunesse adoptée en mai dernier.

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