Le mea culpa de la RTBF

Vendredi : J + 2 pour l'affaire du "faux JT" de la RTBF, diffusé mercredi soir sur La une. Quarante-huit heures après l'électrochoc du docu-fiction mettant en scène la sécession de la Flandre, le conseil d'administration de la chaîne publique s'est saisi du dossier. Avec une question centrale : la direction de la RTBF a-t-elle dérapé au point de devoir être sanctionnée ? Regardez l'émission complète

Le mea culpa de la RTBF
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P.-F.L.

Vendredi : J + 2 pour l'affaire du "faux JT" de la RTBF, diffusé mercredi soir sur La une. Quarante-huit heures après l'électrochoc du docu-fiction mettant en scène la sécession de la Flandre, le conseil d'administration de la chaîne publique s'est saisi du dossier. Avec une question centrale : la direction de la RTBF a-t-elle dérapé au point de devoir être sanctionnée ? Et si oui, le patron de Reyers, Jean-Paul Philippot, doit-il en faire les frais, lui qui a couvert ses troupes depuis le début ?

Au terme de quatre heures de débats ("dans un climat relativement serein", nous assure un administrateur peu enclin à venir au secours de M. Philippot), la réponse est tombée. Dans un communiqué à la longueur inhabituelle, auquel les administrateurs libéraux (MR) ont refusé d'apporter leur soutien, la majorité PS-CDH du conseil d'administration a confirmé sa confiance dans "les équipes de la RTBF, journalistes, hiérarchie et équipe dirigeante".

Cette même majorité s'est, dans le même temps, accordée sur le fait que des "erreurs importantes" avaient été commises sur la forme utilisée par l'équipe de Philippe Dutilleul (lequel a été auditionné par le conseil, au même titre qu'Yves Thiran, Benoît Moulin, François De Brigode, Pierre Marlet et Alain Gerlache). "Dès le début de l'émission, lit-on dans le communiqué du CA, une expression ou une signalétique beaucoup plus claire et sans équivoque devait avertir le téléspectateur du fait qu'il s'agissait d'une fiction". Un mea culpa qui s'accompagne d'excuses aux téléspectateurs qui se sont sentis "abusés et choqués" par cette émission. S'en suit l'annonce de la création, au sein de la RTBF, d'un Comité indépendant de déontologie et d'éthique de l'information.

L'affaire en 620 pages

Peu de temps avant l'ouverture du conseil d'administration, l'instigateur du docu-fiction "Bye-bye Belgium", Philippe Dutilleul, s'était présenté devant la presse pour dévoiler un livre - une brique de 620 pages ! - consacré aux dessous de l'aventure. "C'est à la fois le making of et la prolongation de la réflexion sur une question de société importante", a résumé Jean-Marc Debray, patron des Editions Labor, éditeur d'un ouvrage tiré à 3 800 exemplaires (un second tirage est d'ores et déjà envisagé).

A défaut d'avoir eu le temps de lire cet opus, on n'aura pas appris grand-chose de neuf des propos tenus par l'auteur (lire notre précédente édition). Sauf à confirmer que son enquête a été longue et qu'il s'est appuyé sur de nombreux témoins, flamands comme francophones. Et Philippe Dutilleul de conclure à l'adresse de son employeur : "Il n'y a qu'à la RTBF qu'on permet encore de mener à bien un tel projet".

© La Libre Belgique 2006

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