Divergences sur la mixité sociale

Le projet de décret "inscriptions" de Marie Arena, ministre-présidente PS de la Communauté française, en charge de l'enseignement obligatoire, entraînera-t-il une véritable mixité sociale dans les écoles ou provoquera-t-il un nivellement par le bas de l'enseignement ? Telle était la question centrale du débat de "Mise au point" (RTBF), dimanche midi.

Divergences sur la mixité sociale
©Kevin Timmermans
An.H.

Le projet de décret "inscriptions" de Marie Arena, ministre-présidente PS de la Communauté française, en charge de l'enseignement obligatoire, entraînera-t-il une véritable mixité sociale dans les écoles ou provoquera-t-il un nivellement par le bas de l'enseignement ? Telle était la question centrale du débat de "Mise au point" (RTBF), dimanche midi.

Un débat qui n'a pas vidé la question : partisans et opposants du texte Arena, qui doit être voté le 27 février prochain en séance plénière de la Communauté française, sont repartis dos à dos.

Pour rappel, ce projet, dont l'intention est d'assurer la mixité sociale, organise les inscriptions à une période déterminée selon le principe "premier arrivé, premier servi". Le texte pose également l'interdiction de changement d'école en cours de cycle à l'école primaire et dans le premier cycle de l'enseignement secondaire.

Après le Segec (coupole de l'enseignement catholique) et les directeurs du réseau libre ("La Libre" du 17/2), c'était au tour des associations de parents de l'enseignement catholique (Ufapec) de dire tout le mal qu'ils pensent du projet Arena. Ainsi, Thierry Lambermont, président de l'Ufapec, a-t-il mis la pression sur le CDH, partenaire du PS dans la majorité à la Communauté française. "Personne n'a attendu ce décret pour faire de la mixité sociale dans les écoles. La mixité est là", a-t-il déclaré - provoquant des dénégations incrédules sur le plateau. Avant d'ajouter : "Le CDH a les clés en mains".

Du côté des humanistes, précisément, on soutient le texte, comme l'a rappelé Anne-Marie Corbisier, chef de groupe au parlement de la Communauté française. "Tout le monde sera sur le même pied. C'est un projet qui garantit une réelle transparence des inscriptions. C'est un équilibre. Le texte protège les écoles et les parents qui sauront désormais pourquoi éventuellement on leur a dit non. Le refus d'inscription devra être motivé".

Des parents, eux, estiment que leur liberté est entamée de manière insupportable par ce projet de décret et ont lancé une pétition à l'adresse des parlementaires (lire ci-contre).

Au contraire, rétorque la ministre-présidente, Marie Arena, "il s'agit de garantir la liberté aux parents d'inscrire leurs enfants dans l'école de leur choix".

Au risque d'un nivellement par le bas ? Un argument battu en brèche par l'Appel pour une école démocratique (APED). "Mélanger les publics tire les plus faibles vers le haut et permet aux plus forts d'encore progresser", affirme l'APED, en citant l'exemple finlandais.