Dessine-moi une coalition

Qui va gouverner le pays après le 10 juin ? Quels sont les partis qui vont s'associer ? Bien sûr, cela dépend du résultat des élections. Mais les électeurs ne décident pas tout. Ils disent leur préférence. Puis les partis choisissent leurs partenaires. Un élément peut déterminer les alliances possibles : le CD & V, surtout et les autres partis flamands dans une moindre mesure, maintiendront-ils leur exigence de négocier, dès la formation du gouvernement, une importante réforme de l'Etat ?

Dessine-moi une coalition
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V.d.W.

Et après le 10 juin ? Que va-t-il se passer ? Quels sont les partis qui vont gouverner ensemble ?

Il ne s'agit pas ici, de deviner quels seront les vainqueurs et les vaincus des élections mais bien d'essayer de voir comment les partis pourraient s'allier pour former la prochaine majorité. Car la Belgique, on le sait, est un pays hypercomplexe. Les électeurs ont bien entendu leur mot à dire. Mais ce ne sont pas toujours les partis victorieux, ceux qui ont progressé en voix et en sièges, qui, in fine, sont appelés à gouverner. Gagner les élections ne suffit pas : il faut que la victoire électorale soit suivie d'une victoire politique, à savoir une participation gouvernementale.

Dans ce jeu des coalitions, qui gouvernera avec qui, une multitude d'éléments peuvent intervenir. Ecartons un premier scénario : en Belgique, la participation de l'extrême droite est heureusement totalement exclue. Le cordon sanitaire est maintenu.

Réforme ou pas ?

Un élément peut déterminer les alliances possibles : le CD & V, surtout et les autres partis flamands dans une moindre mesure, maintiendront-ils leur exigence de négocier, dès la formation du gouvernement, une importante réforme de l'Etat ? Jusqu'à présent, le CD & V ne semble pas y avoir renoncé. Les autres partis du Nord n'en font pas une nécessité absolue mais ont quand même inscrit à leur programme plusieurs avancées institutionnelles. Et ce, on le sait, contre l'avis des francophones qui se contenteraient d'un statu quo. Mais seront-ils en mesure de refuser toute réforme de l'Etat ? Ils pourraient la négocier ou l'adoucir. La négocier ? Dans la négociation sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, ils peuvent, par exemple, obtenir de nouvelles garanties pour les francophones de la périphérie (dès lors que l'extension des limites bruxelloises semble vraiment inacceptable pour les Flamands) ou un refinancement de la Région bruxelloise.

BHV, ce n'est qu'un aspect des chantiers institutionnels. Il y a l'emploi, la Sécu... Certains affirment qu'à l'occasion des négociations gouvernementales qui suivront les élections, les partis flamands pourraient se contenter de transférer certains outils aux Régions et Communautés avec une majorité simple.

Il n'empêche que si l'on veut toucher aux lois spéciales, il faudra des majorités très qualifiées (majorité des deux tiers et majorité dans chaque groupe linguistique). Autrement dit, si l'on suit le plan du CD & V et des autres partis flamands, le prochain gouvernement devra soit être composé de six partis, soit compter sur le soutien, de l'extérieur, d'un parti qui pourrait faire l'appoint, comme le fit le CDH lors des accords de la Saint-Polycarpe qui refinancèrent notamment la Communauté française.

Soutien extérieur ?

Un exemple : admettons que la majorité qui s'installe soit composée des démocrates chrétiens et humanistes ainsi que des libéraux (CD & V/CDH-VLD/MR) : elle pourrait compter sur l'appui extérieur des socialistes flamands pour une régionalisation de l'emploi. Mais cela, c'est de la pure fiction, bien entendu...

Nous dressons donc, à la page suivante, la liste des coalitions possibles. Il s'agit d'un exercice purement théorique. Des versions asymétriques sont toujours possibles et imaginables, même si l'heure est plutôt aux "familles". Dernière précision : les avantages et inconvénients que nous identifions ne sont en rien une appréciation personnelle mais bien une manière d'évaluer le travail possible avec l'un ou l'autre attelage.

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