Démission du collège communal

Comme il l'avait annoncé lundi, le collège communal de Charleroi a démissionné mardi. Cette décision a été prise après que le PS eut demandé lundi au bourgmestre et échevins socialistes de remettre leur mandat. Ils ont été imités par l'échevin cdH Jean-Jacques Viseur. Le MR demande pour sa part l'organisation de nouvelles élections communales à Charleroi ou, sans élections, un nouveau bourgmestre libéral. Nouvelle inculpation pour l'ex-échevin Cariat.

Démission du collège communal
©Jean-Luc Flémal
Belga

Comme il l'avait annoncé lundi, le collège communal de Charleroi a démissionné mardi. Cette décision a été prise après que le PS eut demandé lundi au bourgmestre et échevins socialistes de remettre leur mandat. Ils ont été imités par l'échevin cdH Jean-Jacques Viseur.

Le député Olivier Chastel, ex-échevin carolo a estimé mardi à Charleroi que la meilleure solution, pour l'avenir de la ville de Charleroi, consisterait à organiser de nouvelles élections communales. Il a cependant précisé que si le MR était dans l'immédiat appelé au pouvoir communal, il n'accepterait que le poste de bourgmestre, et non pas un titre d'échevin.

"En octobre, on nous a volé les élections", a-t-il dit, évoquant ainsi le fait que le bourgmestre d'alors, Jacques Van Gompel (PS) avait été inculpé quelques jours après le scrutin. Expliquant sa position, Olivier Chastel a estimé que le conseil communal actuel n'était plus en phase avec l'opinion publique, comme en a encore témoigné le scrutin de ce dimanche; de plus, pour lui "on nous prépare à la Région un bricolage administratif pour remédier à la catastrophe du décret Courard".

Il s'est notamment interrogé sur la manière dont le bourgmestre pourrait être choisi, après la modification de ce décret, ou si on autorisait désormais à modifier un pacte de majorité dans les 18 premiers mois de l'installation d'un collège, ce qui n'est pas actuellement autorisé par ce même décret. Evoquant plus particulièrement la position du MR au moment où des négociations vont débuter pour former la future majorité, Olivier Chastel s'est dit candidat au poste de bourgmestre, une fonction qu'il exercerait à temps plein, a-t-il précisé, rejetant d'avance l'éventualité pour lui d'être seulement échevin. "Si je devais devenir bourgmestre, j'assumerais ce mandat jusqu'à son terme, quelles que soient les autres propositions qu'on me ferait alors", a-t-il indiqué.

Il s'est également dit prêt à s'investir dans la relance du Comité d'action et d'animation économique de Charleroi, regroupant le monde politique et économico-social. Plus généralement, il a indiqué que le MR était prêt à revenir dans la majorité, mais pas à n'importe quelles conditions, rappelant notamment qu'il fallait "rompre avec le passé". Il a aussi rappelé qu'aux élections communales, le MR avait été plébiscité, un résultat encore confirmé par le scrutin législatif de dimanche dernier : "Charleroi va-t-elle se passer de la première famille politique de Wallonie ?", a-t-il demandé. Il a également réclamé une mise à plat de toutes les attributions scabinales et une redistribution des responsabilités et de leur contenu : "Si on n'a accepte pas de rompre avec le passé, que le PS et le cdH s'occupent de la ville à deux", a-t-il encore lancé.

Evoquant l'obligation de démissionner en cas d'inculpation, Olivier Chastel a cependant fait remarquer que le cas de Philippe Van Cauwenberghe, inculpé la semaine dernière pour menaces était différent des autres, en ce qu'il n'avait "aucun rapport avec la gestion de la chose publique". Parmi d'autres candidats bourgmestres on cite également les noms de Jean-Jacques Viseur (cdH) ou de Paul Ficheroulle (PS), la famille socialiste étant la plus importante à Charleroi. Ce dernier a cependant indiqué mardi ne "pas être demandeur". On cite également, de plus en plus souvent, le nom d'Eric Massin, dont le profil correspond, dit-on, aux exigences que devrait rencontrer la nouvelle équipe. Il faut dire aussi qu'en 48 heures, M. Massin a beaucoup payé: il a perdu son siège de député, sa charge de président de la fédération socialiste de Charleroi et son poste d'échevin.

Nouvelle inculpation pour Lucien Cariat

L'ancien échevin PS de Charleroi et ex-président de l'ICDI, Lucien Cariat, s'est vu notifier ce mardi une nouvelle inculpation par la juge d'instruction Baeckeland. Il s'agit cette fois d'une inculpation pour faux et usage de faux, à propos des procès-verbaux de collège échevinal de l'ancienne majorité. Ces mêmes faits avaient déjà valu aux anciens échevins Demacq, Monseux, Bael et Despiegeleer d'être inculpés ces dernières semaines, tout comme l'ancien bourgmestre Jacques Van Gompel.


Ecolo veut bien discuter mais rapelle ses positions Ecolo a salué mardi, par l'entremise de son conseiller communal Xavier Desgain, la démission du collège communal de Charleroi, regrettant toutefois que "le nettoyage au PS, qui aurait dû se faire beaucoup plus tôt, ne soit possible qu'à la suite de pressions électorales". Ecolo se dit "toujours ouvert à une discussion préalable" à une éventuelle entrée dans la prochaine majorité, s'il échet, mais rappelle ses conditions: plus, dans le nouveau collège, d'anciens échevins concernés juridiquement ou politiquement par les affaires; un audit général sur les dysfonctionnements à Charleroi; pas de cumul entre les postes d'échevin et de parlementaire. Xavier Desgain vise notamment le bourgmestre démissionnaire Léon Casaert. "Je ne sais pas s'il va être inculpé, et je n'ai pas à me prononcer à cet égard, mais politiquement sa responsabilité est avérée", estime le conseiller communal Ecolo.

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