3 QUESTIONS À Claude lelièvre

(G.C)

Que vous inspire le cas de la petite Angelica Cajamarca ?

Une fois de plus, je suis scandalisé qu'en Belgique, on continue d'enfermer des enfants dans des centres fermés pour étrangers.

D'une part parce que ces structures sont destinées à des adultes et ne sont donc absolument pas adaptées pour des enfants. Et d'autre part parce que ces mesures de détention entrent en contradiction flagrante avec la Convention internationale des droits de l'enfant. Ce genre de cas se répète d'année en année et malgré sa condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg après l'affaire Tabita, la Belgique continue d'enfermer des mineurs en situation irrégulière.

Quelles sont les conséquences d'une telle détention pour un enfant de cet âge ?

Elles sont bien évidemment désastreuses. Quel enfant de onze ans qui voit ses parents menottés et qui passe la nuit au poste de police séparé de sa maman vivrait-il un évènement pareil sereinement. Même si l'examen médical la déclare en bonne santé physique, la petite Angelica est bien évidemment très affectée psychologiquement et ressortira traumatisée de toute cette histoire.

Que comptez-vous faire pour alerter les pouvoirs publics ?

Je me rendrai vendredi au centre 127 bis visiter la petite et sa maman avec une infirmière et une juriste de mon institution et j'ai écrit une lettre ouverte aux sénatrices Anne Delvaux et Carine Russo ainsi qu'à la députée européenne Frédérique Ries, qui s'étaient prononcées publiquement contre l'enfermement de mineurs d'âge dans des centres fermés pour étrangers, pour leur proposer de nous y accompagner. Je continuerai également d'appeler à l'élaboration d'un projet de loi pour interdire à l'avenir les détentions de mineurs dans ce genre de structures qui sont je le rappelle, extrêmement dommageables pour les enfants.

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