L'enfermement des mineurs est en hausse: la justice saisie en urgence

Plusieurs associations le rappelaient vendredi : la détention de familles avec enfants en centre fermé fut loin d'être exceptionnelle sous la récente législature. Le phénomène a même connu une augmentation importante.

J.-C. M.

Plusieurs associations le rappelaient vendredi : la détention de familles avec enfants en centre fermé fut loin d'être exceptionnelle sous la récente législature. Le phénomène a même connu une augmentation importante.

En 2004, 152 enfants ont été détenus. En 2005, 501 enfants ont été privés de liberté. Enfin en 2006, 627 enfants ont connu le même sort. Et ce en dépit d'une mobilisation croissante d'ONG, d'avocats, de partis politiques, de spécialistes médicaux et de citoyens.

Une mobilisation illustrée par le lancement d'une pétition contre l'enfermement des enfants qui a réuni pas mal de signatures et a abouti, en juin 2006, à la commande, par le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael (Open VLD), d'une étude sur les alternatives à la détention (LLB du 27 juillet). Les résultats de cette étude étaient nets : "Le maintien des familles avec enfants est, du point de vue des droits de l'enfant et de son bien être, inacceptable dans les circonstances actuelles."

Dès 1999, le centre de guidance de l'ULB avait qualifié cette pratique de "maltraitance psychologique". La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Belgique dans le cadre de la détention et du refoulement d'une mineure non accompagnée. L'arrêt a incité trois associations (le Cire, la Ligue des droits de l'Homme et Défense des Enfants International) à porter plainte contre X en se constituant partie civile. Elles ont par ailleurs cité l'Etat Belge en référé, demandant au juge de statuer en extrême urgence pour qu'il soit mis fin à ce régime. On attend l'ordonnance dans les prochaines heures

Le CD & V/NVA, le CDH et le MR, trois des quatre partis politiques qui pourraient former le prochain gouvernement, ont promis de mettre en place des alternatives. Mais la note du formateur Yves Leterme rejette toute idée de régularisation massive des sans papiers et sa tonalité générale est plutôt à la sévérité.

© La Libre Belgique 2007

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